Vernis & Sécateur

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samedi, février 11 2012

Le détartrage, c'est important

Hier, je suis allée chez ma dentiste, qui m'a (entre autres) refait un détartrage.

Et qui m'a rappelée que c'était quelque chose qu'on devait faire régulièrement, et par régulièrement elle n'entendait pas «toutes les années bissextiles», même si, techniquement, c'est régulier.

Bon, moi je suis pas trop du genre à prendre trop soin de ma santé et à respecter les dates conseillées de rendez-vous réguliers, mais quand même, je m'en suis rendue compte : le détartrage, c'est important.

Parce qu'avec les dents détartrées, il y a plus d'espace entre les dents, et que, par conséquent, je m'en suis rendue compte hier avec une joie indicible, avec les dents fraichement détartrées je peux cracher entre les deux dents de devant. Et ça, c'est quand même trop la classe, selon mes critères de butch cra-cra (l'eau elle aime ça).

Donc, voilà, ceci est un message de prévention : faites-vous détartrer les dents régulièrement, on ne s'en rend pas forcément compte à première vue, mais tout de même, ça entraîne des améliorations notables sur le confort de vie.

mardi, janvier 24 2012

Merci maman

Je crois qu'il y a un truc qui me soule un peu avec certains invididus dans le milieu trans (pas que, d'accord, mais pour le coup j'ai moins l'impression de retrouver ça chez les gouines[1] par exemple, à part chez les hippies vegan[2] qui bouffent que bio et qui sont en phase avec la nature, mais qui ne s'approchent en général pas trop de moi parce que l'odeur de ma clope les fait fuire), c'est le côté «straight-edge prosélyte».

Bon, OK, peut-être que «straight-edge prosélyte» ce n'est pas très clair, alors disons autrement : paternaliste de la santé.

Du genre :

  • «Ah, mais tu prends de l'androcur ? Mais il faut pas tu sais, c'est vraiment pas bon, en plus ça peut causer des dépressions.»
  • Ou encore «quoi t'es pas allée faire un bilan sanguin depuis 2 ans ? Mais il faut en faire tous les six mois, tu es une dangereuse suicidaire ou quoi ?» (ça doit être à cause de la dépression liée à l'androcur, tiens)
  • Et pour finir, celle à laquelle j'ai l'impression que j'ai le plus souvent droit depuis un an et quelques : «oh mon Dieu, mais tu fumes tout en prenant des hormones ?» (C'est juste parce que j'ai pas trouvé un moyen simple de fumer directement les hormones, cela dit)

Je veux dire, je veux bien que les gens prennent soin de leur santé, ça me va, mais ce n'est pas la peine de vous soucier de la mienne. Vraiment. Surtout quand on se connaît à peine et que peut-être que la seule chose qu'on a en commun dans la vie, c'est notre traitement hormonal.

Du coup, dans cet océan de reproches et de «manger bouger/fumer tue/buvez avec modération» ça m'a quand même fait super plaisir, aux dernières vacances de Noël, alors que j'étais en train de fumer une clope en compagnie de ma maman, et tandis que je sombrais moi-même dans la culpabilité «pauvre de moi, je n'ai pas un esprit sain dans un corps sain» en lui disant «il faudra que j'essaie d'arrêter de fumer, il paraît qu'avec les hormones c'est pas terrible», qu'elle me réponde spontanément : «bah, moi, tu sais, j'ai pris la pilule pendant vingt ans en fumant à côté, et je suis toujours en vie».

Post-Scriptum: bon, en fait je me rends compte que ce que je dis dans ma parenthèse, ce n'est pas vrai. Autant je suis dans des milieux où (à part quelques boulets), les gens ne me font généralement pas trop de commentaires sur ma santé par rapport à ce que je fais/bois/fume/mange, autant il y a plein de gens avec qui je ne parle jamais de trucs de santé qui, dès qu'ils me voient prendre un Coca Light, se sentent obligés de venir me dire que c'est pas bien le light et tout ça, comme si le fait de boire un truc Light était un message à la face du monde : «je veux prendre soin de ma santé et entendre votre avis dessus, vite, dites moi ce que vous pensez/avez lu de l'aspartame».

Notes

[1] Je parle des gouines, hein, pas des femmes qui aiment les femmes, où pour le coup j'ai pas l'impression que ce soit pareil.

[2] (Post-)Post-scriptum: ok, j'admets, ça n'a pas grand-chose à voir avec le fait d'être vegan, et d'ailleurs les gens qui vont me gonfler parce que eux/elles ont une alimentation saine et que je suis pas assez grande pour comprendre que dans «junk-food» il y a «junk» peuvent aussi être sur un mode «tu devrais tuer ton poulet toi-même et faire du fromage de chèvre plutôt que manger des toastinettes» (même si ce genre de remarque est plus rare en milieu urbain).

mardi, juin 7 2011

En vrac : ma life, pride, et Oi!

36 15 My Life : nouvelle coupe

Jeudi dernier (je crois que c'était jeudi, en tout cas ; je suis plus tout à fait sûre, moi et la mémoire des dates), je me suis fait tondre par des copines gouines. J'ai pas le crâne complétement rasé, mais quand même vachement plus qu'il l'était avant, puisque c'est à peu près une coupe Chelsea (la coupe notamment pas mal portée par les meufs skins, avec une frange devant, des pattes sur les côtés et tondu pour tout le reste), sauf que ça fait des mèches au lieu d'une frange.

Au niveau du regard dans la glace, j'ai pas eu de mal à m'y habituer, vu que de face j'ai presque la même tête qu'avant (pas de profil ou de dos, par contre), mais c'est fou ce que ça change sur la confiance en moi et la peur du regard des autres, d'avoir une nouvelle coupe que j'avais jamais assumé avant. Entre la peur d'être prise pour une skinhead (enfin, plus exactement, la peur d'être prise pour une skin nazie par des non-skins et la peur d'être prise pour une skin antifa par les nazis), le questionnement sur «est-ce qu'on va encore m'appeler Madame maintenant que j'ai le crane rasé à 90%?» (quoique dans l'absolu j'aime pas spécialement qu'on m'appelle Madame, j'ai toujours l'impression qu'on me prend pour quelqu'un de vaguement respectable ; mais c'est toujours mieux que Monsieur), ben voilà, les premières sorties je me suis pas trop sentie à l'aise.

Et puis je tiens des propos un peu contradictoires, du genre :

« J'ai peur qu'on m'appelle Monsieur» suivi deux minutes après de «En fait je me raserais bien aussi les mèches de devant, ça fait trop féminin»

Bref, voilà, je mettrais bien une photo parce que je l'aime bien, ma nouvelle coupe, mais comme je suis un peu parano là-dessus je vais m'abstenir.

Pride and prejudice

Sinon, samedi dernier, c'était la marche des fiertés à Lille. Comme d'habitude, c'est l'évènement où y'a plein de trucs que j'aime, et plein de trucs que j'aime pas. Je trouve l'aspect visibilité super classe, le fait que c'est une des rares manifs où tu peux marcher le soutif à l'air (voire les seins à l'air, mais j'avais besoin du soutif pour ranger mon paquet de clopes) sans que ce soit trop relou, le fait qu'il y ait un bon crew de transpédébigouines et allié·e·s sur des positions politiques radicales, les pancartes chouettes qu'on avait faites aux Flamands Roses. D'ailleurs, vu que ma tradition dans mes compte-rendus de manifs, c'est de mettre les slogans que j'ai bien aimés, en voici quelques uns (je mets que les nouveautés de l'année) :

  • Voter pour un Parti Sexiste et raciste pour pouvoir me marier ? Non !
  • Sauvez un-e trans, bouffez du bio
  • Nous ne marchons par pour devenir des hétéros comme les autres
  • Notre lutte ne passe pas par les urnes : lesbianisme et anarchie
  • En 2011 je marche, en 2012 je cours... après les illusions
  • Je ne pense pas que couper les couilles des machos les rendent moins relous, mais au moins ça leur fait mal (avec un beau ciseau dessiné ; je précise que c'était une pancarte strictement personnelle cautionnée par aucune association)

Voilà ; les trucs moins chouttes, c'est les 90% de la manif composés de chars qui passent de l'electro sans aucune revendication, la batucada devant qui joue le même refrain pendant 3h et t'empêche de gueuler des slogans, les organisateurs qui gueulent sur et poussent les militant·e·s pour que le camion d'une radio de merde puisse passer...

Enfin bon, c'est important d'y être, ça reste plutôt sympa quand y'a un cortège politisé et revencatif assez gros.

 Une petite musique pour finir

Voilà, pour conclure, un petit morceau de musique pas du tout féministe ni transpédégouine, mais franchement, après s'être tapée de la batucada pendant toute la pride et même après, il faut bien ça :

(Redweiler - Un hippie, une triplex)

mercredi, août 18 2010

Auto-pub éhontée (et avec des morceaux de capitalistes flicards, en plus)

Un petit billet rapide pour faire de la pub pour signaler quelques liens en rapport avec ma carrière d'auteure de best-sellers fantastiques (qui est pour l'instant un peu au point mort, je dois l'admettre) :

Facebook

Voilà, j'ai un peu honte, mais bon j'ai créé un compte Facebook pour parler/social networker/etc. en gros de tout ce qui a trait à l'écriture. Je suis un peu sceptique mais je me suis dit que ça intéresserait peut-être des gens et me permettrait d'accéder enfin à la gloire recherchée. Donc voilà, si vous êtes intéresséE et que vous avez un compte facebook, on peut être «amiE» en un clic. Sinon, vous n'êtes pas obligéE, non plus.

Enfants de Mars et de Vénus

Sinon, la reprise de la publication par épisodes d'Enfants de Mars et de Vénus a repris lundi avec l'épisode 23.

J'en profite aussi pour signaler le petit bonus «dictionnaire du docteur Léviathan» qui reprend quelques définitions comme «trans», «cisgenres», «translover» ou «skinhead».

(J'avais un peu pensé à le publier ici aussi, mais après «Mes personnages ont une mauvaise influence sur moi», je n'assumais pas «Mes personnages font des billets sur mon blog à ma place»)

samedi, juin 5 2010

Juste une pancarte...

Je suis tout le contraire de ces féministes qui brûlent leur soutien-gorges et détestent les mecs : je déteste mes soutien-gorges et je brûle les mecs

(Je suis tout le contraire de ces féministes qui brûlent leur soutien-gorges et détestent les mecs : je déteste mes soutien-gorges et je brûle les mecs)

Voilà, je profite du fait que j'ai re-réussi à transférer des photos depuis mon téléphone pour en montrer une d'un petit atelier «préparation de pancartes» pour la Pride.

Promis d'autres à venir, parce qu'on en a fait des bien classes...

mercredi, avril 7 2010

Annonce concernant ce blog

(Billet mis à jour le 12 avril)

Aujourd'hui c'était le dernier jour pour lequel le nom de domaine reveries.info (dont dépend, donc, pink.reveries.info) était enregistré ;

Étant donné que

  • pour changer (gratuitement en tout cas) de prénom sur ce registrar, je suis obligée de confier ce blog à un nouveau compte et ne peux pas juste renouveller le nom de domaine ; (màj 12 avril : bon en fait ça a l'air plus galère que ça, donc je l'ai pas fait, tant pis)
  • je n'ai de toute façon pas de moyen de payement en ligne actuellement. (màj 12 avril : et du coup j'ai dû me résigner à payer par chèque. Ça fait tellement pas Web 2.0...)

Il est tout à fait probable que ce blog (et l'ensemble du domaine reveries.info) soit indisponible dans les prochains jours. Donc ne paniquez pas si vous ne pouvez pas accéder à Rangers & Bas résille.

Il est également on ne peut plus probable que cela devrait revenir d'ici peu, mais il n'est pas certain que je puisse réaccéder facilement aux données actuelles. En particulier, si la majorité des billets devrait être preservée, je ne suis pas sûre que ce soit le cas des commentaires.

Voilà, j'espère que ça se passera bien et je m'excuse par avance des désagréments occasionés.

(màj 12 avril : du coup, back in pink ! Tout est comme avant, pas de perte de données, youpi.))

vendredi, avril 2 2010

Billets inachevés (partie 1)

Quand je commence à écrire un billet pour ce blog, ça m'arrive souvent de ne pas le publier tout de suite, et de le mettre dans le purgatoire des «en attente». Parfois, je le termine, et parfois non.

Du coup, j'ai un tas de billets inachevés, dont le plus vieux date de plus de deux ans et ne sera probablement jamais achevé. Et donc voilà, j'ai décidé de publier ceux que je trouvais encore un tant soit peu intéressant, même s'ils n'étaient pas finis, même si maintenant j'écrirais les choses différement. Donc forcément, ça fait un peu fonds de tiroir,..

Privilège cis

(écrit en mai 2009)

Sexualisation

Tu me considères comme un objet de fantasme.

Tu penses que si je m'habille en fille, c'est pour aguicher les mecs et pouvoir mettre des boulets dans mon lit et pas, évidemment, uniquement pour moi.

Tu veux de l'hyperfémininité, être avec plus femme qu'une femme. Ou alors c'est juste que ton trip, c'est les femmes à bite.

Objectification

Tu me considères comme un fantasme d'une nuit, poupée gonflable jetable que tu n'irais pas présenter à tes copains, et encore moins à ta femme.

Subversivisme

Tu penses que je ne fais que renforcer les codes du genre.

Tu estimes que tu peux me dire que je ne dois pas modifier mon corps.

Tu me reproches de ne pas être assez radicale, ou peut-être justement que tu me trouves super radicale, d'une manière exotique.

Tu t'exclames que toi, tu ne sens pas spécialement dans ton genre - un peu comme un poisson ne se sent pas spécialement dans l'eau - et que tu ne vois pas pourquoi je pique des crises quand tu ne respectes pas le mien.

Droit de nommage

Tu t'énerves quand j'utilise le terme cis, parce que ça devient n'importe quoi.

Le manifeste travelo

Un spectre hante le monde : le spectre du travelottisme. Toutes les puissances du vieux monde se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : le pape et les psys, Zemmour et Raymond, les «radicales» américaines et les policiers du monde entier.

Quelle est la féministe qui n'a pas été accusée d'être travelotte par ses adversaires au pouvoir ? Quelle est l'opposition qui, à son tour, n'a pas renvoyé à ses adversaires butchs ou fems l'épithète infamante de travelotte ?

Il en résulte un double enseignement.

Déjà le travelottisme est reconnu comme une puissance par toutes les puissances du monde entier.

Il est grand temps que les travelottes exposent à la face du monde entier, leurs conceptions, leurs buts et leurs tendances; qu'elles opposent au conte du spectre travelo un manifeste travelo lui-même.

Statistiques bloguesques

(datant d'octobre 2009)

Bon, comme ça fait bien de montrer ses stats, voici mes stats sur le mois de septembre :

Visites : 630 (selon la police), 130000 (selon les organisateurs)

Et maintenant, passons à ce qui nous intéresse vraiment dans les stats (enfin moi, c'est mon trip) : les mots-clés ! Alors j'ai fait un petit pré-tri pour garder que le meilleur :

  • 1: transgirls vs féminisme. Alors je comprends pas trop, soit mon petit texte du même nom a eu un succès fou, soit il y a un nouveau courant dans le porno (qui m'apporte l'habitude l'essentiel de mes mots-clés), qui se base peut-être sur des combats dans la boue.
  • 2: porno trans. Eh oui, je suis quand même sixième sur google avec ce mot-clé, au milieu de plein de sites pornos, et c'est un peu ma fierté. Les mecs qui cherchent du porno trans et tombent sur des textes dogmatiques et illisibles payent pour toutes les fois où je suis tombée sur du porno quand je cherchais des textes militants trans. Nyark.
  • 4, 5 et 7: trans porn, porn trans, et trans porno, pour rester dans le même domaine
  • 6: masturbation feminine
  • 9: changer de sexe
  • 13: mtf porn : là c'est déjà les amateurs de porno plus raffinéEs, qui connaissent le terme «mtf».
  • 14 et 15: bas résille (avec ou sans accent)
  • 18: les lesbiennes ne sont pas des femmes (
  • 23: questions idiotes : c'est au bon endroit
  • 30: sarah connor : non, c'est à côté
  • 40: rangers fille
  • 51: gros culturiste
  • 53: transvestisme : yeah, ça fait tellement plus classe que "travestissement" ou "travelottage"
  • 70: travestissement : loser
  • 71: annonces parisiennes
  • 83: les lesbiennes c'est horrible : ben oui, on est sales, moches et méchantes
  • 87: operation de trans porno: euh... y'a vraiment des gens qui se branlent sur une vaginoplastie ?
  • 104: blague transsexuel : j'en ai une bonne. C'est quoi un queer édenté ? Un transcendant.
  • 109: castration
  • 112: castrer un mec
  • 117: comment mettre des lacets sur des rangers : euh... c'est vraiment si compliqué ?
  • 135: fessée déculottée
  • 151: ma femme est un trans
  • 178: rechche blog de filles nues à fortes poitrines avec des couches : hum, peut-être quand j'aurais des implants, hein ?
  • 193: transgenre cou : marrant, j'ai quand même vachement plus de requêtes pour d'autres parties du corps

Les gouines, les trans et la non-mixité, épisode 12

(écrit en novembre 2009, et non publié puisqu'il y a eu à la place une analyse sociologique des non-mixités par Vlad)

Non, ça ne va pas être un remake version lesbotrans de «le bon, la brute et le truand» (sinon, j'aurais appelé ça «The Good, The Butch and The Tranny», ça sonne quand même mieux[1]).

Bon alors, je sais ce que vous auriez envie de dire : encore un billet là-dessus ? T'en as pas un peu marre ?

Ce à quoi je répondrai d'abord que non, je ne m'en lasse pas, et ensuite que là, en fait, ça va être un peu différent puisque je ne vais pas dire du mal des mêmes personnes que d'habitude[2]

Ce qui est amusant, c'est qu'à première vue, les personnes dont je vais dire du mal aujourd'hui sont des mecs cisgenres (en général, peut-être pas tout le temps à 100%, mais assez souvent en tout cas pour que je ne m'emmerde pas à féminiser) qui, bizarrement, croient qu'on va être potes.

Bon, soit-dit en passant, la catégorie «mecs boulets qui pensent qu'on va être potes / coucher ensemble» est quelque chose d'assez vaste et mériterait sans doute un billet à part, voire un bouquin.

Ici, je me limiterai uniquement aux mecs qui te repèrent en tant que trans et qui, du coup, vont venir te confier sur un ton entendu que quand même, les gouines elles font un peu chier à se réunir en non-mixité, c'est du sectarisme de la ghettoisation, du communautarisme, une haine des mecs, bref tout le tintouin habituel, et qu'en plus c'est forcément transphobe.

Soit dit en passant, une parenthèse juste par mesquinerie, c'est le genre de trucs qui m'est pas mal arrivée avec des gays, non pas parce que les gays sont moins féministes que les mecs hétéros, mais parce qu'en général ces espaces ont plus souvent lieu à l'intérieur du vaste et grand «mouvement LGBT» que dans les milieux hétéros. Et ce qui est drôle, c'est que bien souvent, ces mêmes personnes qui n'ont pas de mots assez forts pour dénigrer la non-mixité des gouines passent quand même un certain temps dans des bars, saunas et autres back-rooms qui ne sont en fait pas tout le temps des supers exemples de mixité. Mais bon, hein, évidemment, ça n'a rien à voir. (Et bien sûr il va sans dire que ces endroits sont toujours hyper trans-friendly).

Mais revenons-ons à nos moutons. Alors, si on n'est pas rôdée, on peut se dire pendant un quart de fraction de seconde qu'au moins le souci que peuvent poser certains espaces non-mixtes pour les personnes trans a été entendu.

Et ensuite on se rend compte qu'en fait, ben non, on est juste instrumentalisée contre, non pas une éventuelle politique particulière qui exclurait les trans, mais la non-mixité de manière générale.

Ce qui est ironique, c'est que ces mecs en question font en fait exactement ce qu'ils reprochent aux espaces non-mixtes qui excluent les trans : c'est-à-dire qu'ils n'envisagent pas une seule demi-seconde que tu ne sois pas juste la trans de service pour justifier le «T» du «LGBT», et qu'en fait tu te reconnais aussi dans une identité gouine et que du coup, ben, tu te retrouves finalement pas trop mal dans cet espace[3].

Parce qu'en fait, ben oui, si je râle parfois contre l'exclusion ou le manque de clarté vis à vis des trans de certains espaces non-mixtes, c'est pas parce que je trouve que la non-mixité c'est pas bien, dangereux, anti-mecs, pouet-pouet, mais plutôt parce qu'il y a des momens où je n'ai pas envie d'avoir à me taper un espace où les mecs prennent toute la place, où il faut faire gaffe où on met ses pieds pour ne pas se faire marcher dessus, où quand t'es en train de discuter avec une copine faut qu'il y ait des mecs qui viennet se foutre au milieu pour toujours être le centre de l'attention.

Notes

[1] Mais c'est un titre que j'ai déjà réservé pour une potentielle future nouvelle, donc je ne vais pas le gâcher pour un billet de post vite fait, non mais.

[2] Enfin, par rapport à d'habitude si on se réfère aux fois précédents où j'ai parlé de gouines, de trans et de non-mixité (quoique, et encore) ; pas par rapport à d'habitude en général, vu qu'en fait je vais surtout dire du mal des mecs et que du coup c'est quand même pas spécialement rare. (Quoiqu'en fait je me trouve relativement modérée sur ce blog, l'air de rien)

[3] D'ailleurs je trouve ça drôle cette impression que pour certaines personnes je peux être catégorisée comme «gouine» ou comme «trans» mais difficilement les deux en même temps. Et bizarrement quand je suis catégorisée en tant que gouine j'ai l'impression d'être perçue comme vachement plus méchante par les mecs un peu misogynes, je trouve ça marrant ce qu'on associe à certaines identités.

lundi, mars 29 2010

En vrac : Cinéma / Enfants de Mars et de Vénus

Cinéma

Aujourd'hui, j'ai regardé Transamerica. En Version Française. Et je dois dire que j'ai pas franchement réussi à rentrer dans le film. J'avais beau faire des efforts, je voyais vachement une femme cisgenre qui s'amusait à jouer la trans. Il faut dire que le doublage n'aidait pas franchement, parce que bon, à force de se forcer à avoir une voix masculine pour «faire trans», j'avais juste l'impression d'entendre Marge Simpson.

Du coup voilà, pour l'immersion c'était un peu raté, et la seule chose que j'ai vraiment retenu du film c'est que c'est dommage que le gosse ne se soit pas appelé «Luc», parce que ça aurait revisité un peu le coup du «Luc, je suis ton père».

Et ça m'a un peu questionné sur les figures de filles trans que j'avais pu voir dans les films. Les figures un peu positives, genre pas la méchante dans Ace Ventura ou le tueur dans le Silence des Anneaux.

Et bizarrement je crois que c'est encore Hershe las Palmas, jouée par Pam Grier dans Los Angeles 2013, que je trouve la moins pire. Parce que d'accord, elle est aussi jouée par une femme cisgenre qui se force à prendre une voix grave, sauf qu'au moins elle a la classe. Bon OK, ça rentre dans la catégorie «trans qui meurt avant la fin du film», mais au moins y'a les deux tiers du casting qui meurt aussi, donc c'est moins pire. Et puis, bon, OK, c'est sans doute un traitement un tout petit peu exotisant de la transidentité, où le héros fouille entre ses jambes, sort sa rengaine «plus les choses changent et plus elles restent les mêmes» en sortant le flingue qu'elle cache sous sa jupe, continue à l'appeler par son ancien prénom, tout ça au milieu de célébrités obligées de voler des organes à cause d'excès de chirurgie esthétique, d'un ersatz de Che Guevara qui roule dans une décapotable ornée de têtes de poupées Barbie décapitées et d'une boule à facette, mais au moins c'est quand même une nana trans chef de gang, et ça ça a de la gueule.

Alors que le traitement des trans façon «on se la joue super authentique et proche de la réalité mais on va quand même pas confier le rôle à une trans», bizarrement, ça me botte moins.

(Les mauvaises langues diront que c'est aussi parce que je ne peux pas apprécier un film s'il n'y a pas d'armes à feu et au moins une explosion.)

Enfants de Mars et de Vénus

Juste pour signaler aux personnes qui ne suivraient pas qu'il y a des nouveaux épisodes d'Enfants de Mars et de Vénus, c'est-à-dire le chapitre 1 :

Et là encore, quelques commentaires après la séparation (qu'il vaut évidemment mieux lire après avoir lu les épisodes).

Lire la suite...

mardi, novembre 24 2009

En vrac : Radio / Pisse-debout

Radio

Alors, comme ça fait longtemps que je n'en ai pas fait la pub, je rappelle que les Flamands Roses, association transpédégouine groupe d'expression gaie et lesbienne[1], animent toutes les semaines, le dimanche de 21h à 22h une émission, Homosapiens, sur Radio Campus, que vous pouvez soit écouter en mettant votre radio sur 106,6FM si vous êtes dans la région lilloise, soit en allant sur le site et en téléchargeant les archives.

Le dimanche dernier, on a parlé du Transgender Day of Remembrance, de la journée contre les violences faites aux femmes, et de la soirée Born In Flames qui avait eu lieu la veille. Vous pouvez télécharger l'émission ici pendant un mois.

À noter, sur Lille, qu'il y a aussi l'émission de radio Elles Causent, qui passe aussi sur Radio Campus le vendredi, de 20h à 21h (en alternance avec l'émission anarchiste «La voix sans maître» animée par le GDALE les autres vendredis).

Et ailleurs que sur Lille, je vous encourage à écouter aussi :

Et sans doute plein d'autres que j'oublie :)

Atelier «fabrique et customise ton pisse-debout»

Il n'y a pas très longtemps, il y a eu au centre LGBT de Lille un atelier Fabrique et customise ton pisse-debout, dans le cadre du festival «Ô mots». Et vous pouvez y voir un compte-rendu, ainsi qu'une vidéo assez sympas, sur le site d'Urban Porn.

Du coup je ne vois pas grand chose à rajouter, si ce n'est que c'était un moment assez sympa, que j'ai appris à me servir d'une mini-perceuse[2], que je ne vois plus maintenant les cintres de la même manière (le pisse-debout se faisant à partir d'un cintres à large bords dont on coupe un bout) et que, comme j'avais déjà un pisse-debout fonctionnel[3], j'ai surtout fait de la customisation, avec un pisse-debout qui, j'en ai peur, n'est pas très utilisable (y'a des clous partout).

S

Sinon, j'ai une question existentielle : au pluriel, on dit quoi ? Des pisses-debout ? Des pisse-debouts ? (Quoi, c'est pas encore dans le dico de l'académie ?)

Notes

[1] Ben oui, c'est la description officielle. Mais par exemple y'a des trans quand même (et même des bis), contrairement à plein de trucs LGBT où le «T» est surtout là pour faire joli (bon, moins maintenant, quand même).

[2] Alors que je suis quand même hyper perceusophobe, à la base. Je ne sais pas pourquoi, ça me rappelle toujours vaguement mes séances de dentiste. Maintenant que j'ai vaincu cette peur, je sens que je peux affronter la suivante : celle de la scie.

[3] Et juste pour préciser, ce n'est pas un jeu de mot trans pour dire que je ne suis pas opérée : je parle d'un «vrai» pisse-debout, acheté d'ailleurs au Centre Culturel Libertaire de Lille pour 3€, si y'en a que ça intéresse et qui sont pas très «Do It Yourself».

dimanche, septembre 27 2009

Mac, c'est vraiment génial

Je suis tombée sur une pub de mac qui est vraiment géniale, et que du coup je mets ci-dessous :

C'est vraiment cool de voir comment une société hype, souvent présentée comme «l'alternative[1]» est capable, pour vendre sa came, de jouer :

  • sur le sexisme, avec les nanas forcément complètement soumises aux mecs (ah mais pardon, c'est des métaphores d'ordinateurs et de programmes, je suis vraiment trop bête et je n'ai rien compris) ;
  • sur la transphobie, avec l'idée que «oh mon dieu, c'est un travelo, quel horreur», un PC n'est même pas capable d'avoir une vraie fâme® soumise, et le cliché de de la trans qui n'est finalement qu'un mec qui porte une perruque, haha, c'est tellement fun ;

Ah oui, et en préventif, comme je préssens un peu ce qu'on pourrait me répondre : si, j'ai de l'humour, mais non, c'est pas drôle.

Notes

[1] Avec l'idée que je n'ai jamais trop comprise qu'Apple était moins capitaliste que Microsoft, par exemple.

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