Vernis & Sécateur

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vendredi, novembre 26 2010

Retour rapide sur la manif de nuit de Lille

Hier, je n'ai pas mis de jupe, puisque c'est visiblement la question qui suscite le plus d'interrogation dans le «féminisme» médiatique.

Par contre, il y a avait la manifestation féministe de nuit de Lille, en non-mixité gouines et meufs (que nous soyons trans ou cisgenres, quelles que soient nos sexualités, nos couleurs, nos cultures, nos classes sociales…)

On était une petite cinquaintaine et c'était plutôt chouette, surtout que cette fois-ci on a pu finir sans se faire arrêter par les policiers au bout de deux rues, ce qui est plutôt appréciable. Ce qui l'était moins, par contre, c'était la présence plutôt nombreuse des policiers qui nous «escortaient» et qui, eux, n'étaient évidemment pas en non-mixité gouines et meufs, loin s'en faut.

J'ai trouvé que c'était un petit cortège mais vachement dynamique, avec très peu de temps morts entre les slogans et une sorte d'«émulation» qui faisait qu'on s'appropriait vachement les slogans, surtout lorsqu'il s'agissait de répondre aux quelques mecs relous qui faisaient chier sur les côtés, ou qui gueulaient «sales gouines» depuis les fenêtres du troisième étage.

Bref, c'était ma première manif de nuit non-mixte que je faisais complètement et j'ai trouvé que c'était plutôt classe.

Quelques slogans (oraux et pancartes), parce que j'aime bien recopier les slogans que j'ai appréciés (vous avez peut-être remarqué) :

  • Tremblez, machos, les féministes sont dans la rue !
  • Je ne suis pas mal baisée, je suis féministe !
  • Trop d'hétérosexisme, protégeons les enfants
  • Un mari ça coûte trop cher, le vibro est une bonne affaire
  • Une femme sans homme, c'est comme un pays sans gouvernement : lesbianisme et anarchie
  • On est fières, on est gouines, on est moches et masculines
  • Le féminisme n'a jamais tué personne ; Andy Warhol a eu du bol
  • Face aux machos, ni oubli ni pardon ; on vous rendra les coups
  • Contre les violences sexistes, auto-défense féministe
  • Lesbienne de mon coeur, tu sais qu'on a raison
  • Cathos, fachos, machos, vous nous cassez l'clito
  • Il y a plus inconnue que la femme du soldat inconnu : l'amante de la femme du soldat inconnu

Et sinon, j'en profite pour rappeler qu'il y en a aussi une demain samedi 27 novembre à Paris à 17h devant l'hôpital Tenon, métro Gambetta. Plus d'informations sur le site Rage de Nuit.

mercredi, novembre 24 2010

Journée du souvenir Trans & Rassemblement Pro-IVG : ma journée du samedi 20 novembre

Samedi 20 novembre dernier, il y avait deux évènements militants, sur Lille comme dans d'ailleurs pas mal d'autres régions de France. La Journée du souvenir trans, ou Transgender day of remembrance, d'un côté, histoire de se rémémorer et de visibiliser les personnes trans assassinées ; de l'autre côté, des rassemblements anti-avortement organisés par «Sos Tout Petits», association d'extrême droite catholique qui aime prier les fétus morts, et du coup des contre-rassemblemens organisés pour défendre le droit à l'avortement.

D'un point de vue chronologique, c'était la journée du souvenir trans qui arrivait en premier, avec un rassemblement organisé par les Flamands Roses à midi, au marché Sébastopol. Déploiement d'une grande banderole «La transphobie tue», ainsi qu'une plus petite des Flamands Roses, diffusion de tracts dont je vous avais fait suivre le contenu il y a quelques jours ; c'est pas énorme, mais on est quand même entre dix et vingt[1], ce qui, sur ce genre de rassemblement, me paraît plutôt pas mal.

Petit détour pour manger un casse-croûte léger[2] avant d'aller au deuxième rassemblement, cette fois-ci pour défendre l'avortement, à 13h30 devant le Parvis Saint-Maurice.

Après environ une demi-heure à poirauter et à entendre la même question revenir dans la bouche de plein de militantEs : «ils sont où, les autres ?» (c'est-à-dire, rappelons-le, les cathos intégristes de SOS Tout Petits), on finit par apprendre qu'ils se sont réunis devant le planning familial. Du coup on finit par aller les «rejoindre», tout de même séparés par une centaine de mètres et pas mal de flics. On peut tout de même apercevoir la petite vierge qu'ils ont mis sur un tabouret, c'est-y-pas mignon.

Et du coup, pour couvrir leurs prières et leurs paroles anti-IVG, on [3] gueule des slogans féministes et humoristiques comme (oui, j'aime bien faire les listes de slogans) :

  • Avortement, contraception, libres, gratuits, et accessibles !
  • Ah si Marie avait connu l'avortement, on aurait pas tous ces emmerdements !
  • Moins de dieu, plus de godes !
  • Jouir, jouir, plutôt que reproduire !
  • Phallus partout, jouissance nulle part !
  • C'est l'orgasme final, Fistons-nous et demain, Les trans, les gouines et les pédales, Seront le genre humain (sur l'air de l'Internationale)
  • Le lesbianisme est une solution à la reproduction !
  • Mon corps m'appartient, que votre Christ garde le sien !
  • Si votre dieu engrosse nos copines, on lui coupera la pine, à ce vieux misogyne
  • Face aux machos, ni oubli ni pardon
  • Première, deuxième, troisième aspiration, nous sommes toutes, des salopes avortées !

Un groupe plutôt dynamique et avec une visibilité féministe bien présente (notamment grâce aux mégaphones prêtés par Sud, si je ne me trompe pas), ce que j'ai trouvé plutôt classe. J'avais un peu peur que, comme ça se passe quelques fois, les slogans se centrent sur l'antifascisme et «zappent» la thématique féministe (surtout vu les tensions qu'il y a concernant le féminisme dans le milieu libertaire Lillois actuellement, mais ça mériterait un autre billet) mais au final on a pu prendre la parole et se faire entendre et c'était plutôt chouette, même si ça fait chier que les fachos aient pu s'installer devant le planning familial au lieu de devant leur église.

Voilà, et oui, c'est tard pour en parler, et non, j'ai pas de photos.

Notes

[1] Avertissement : ne travaillant pas aux Rassemblements Généraux et ayant tendance à estimer que «les mathématiques, c'est pas une science exacte», les estimations du nombre de militantEs peuvent être plus qu'approximatives.

[2] Je sais, s'il y a des personnes qui lisent mon blog et qui ont vu le casse-croûte en question, elles vont se dire qu'on n'a pas la même notion de «léger».

[3] C'est-à-dire, un groupe de féministes, certains slogans étant plus ou moins repris par les autres militantEs.

vendredi, novembre 19 2010

La transphobie tue ! T-DOR, 20 novembre 2010 (Lille)

(Pour continuer dans le copié/collé de tracts, voici l'appel des Flamands Roses pour la journée du souvenir trans de 2010)

La transphobie tue

T-DOR, 20 novembre 2010

Rassemblement marché Sébastopol à Lille samedi 20 novembre 2010 à midi

Nous sommes ici aujourd'hui car le 20 novembre 2010 a lieu pour la douzième fois le «Transgender Day Of Remembrance», journée du souvenir trans, dont l'objectif est de se souvenir et de visibiliser les personnes trans assassinées.

Organisé pour la première fois pour dénoncer le meurtre de Rita Hester en 1998, cet événement est devenu international et est l'occasion de rassemblements dans de multiples pays. En France, des événements ont notamment lieu à Paris, Strasbourg...

Les personnes trans ne se reconnaissent pas dans le genre qui leur a été attribué à la naissance. Les hommes trans sont des hommes assignés à la naissance dans le genre féminin, effectuant une transition du féminin au masculin, et les femmes trans sont des femmes assignées à la naissance dans le genre masculin, effectuant une transition du masculin au féminin. Certaines personnes trans se reconnaissent aussi hors des identités "homme" et "femme". Ils et elles sont contraintes à la fois par l'Etat, la médecine et les normes sociales. Ce système de normes entraîne et légitime la violence à l'égard des personnes trans.

Les meurtres des personnes trans ne sont pas des événements isolés, mais sont révélateurs de l'omniprésence de la transphobie. Alors qu'une personne trans est assassinée tous les trois jours dans le monde, les peines obtenues par les meurtriers sont souvent légères : ainsi le 14 août 2008, au Royaume-Uni, le meurtrier présumé de Kellie Telesford était acquitté après que la défense fut parvenue à jeter le discrédit sur la victime ; le 23 août, aux États-Unis, le meurtrier d'Alexis King obtenait des circonstances atténuantes ; un an plus tôt, dans le même Etat, le meurtre d'Erica Keel, heurtée à quatre reprises par la voiture de son assassin, était considéré comme un accident, tandis qu'au Portugal en 2006 les meurtriers de Gilberta Salce avaient été condamnés à des peines légères de 11 à 13 mois.

S'il ne s'agit que d'exemples, ces jugements affirment que les personnes trans n'ont pas les mêmes droits que les autres être humains, qu'assassiner une personne parce qu'elle est trans n'est pas considéré comme un crime de haine mais comme une circonstance atténuante. La défense fait peser la culpabilité sur les victimes, prétendant qu'elles se «feraient passer pour ce qu'elles ne sont pas» et l'auraient forcément un peu cherché. La majorité des médias va également dans ce sens, s'acharnant à utiliser les prénoms et le genre assignés à la naissance pour parler des personnes trans, légitimant ainsi la défense des meurtriers.

Mais le vecteur principal de transphobie vient encore des Etats eux-mêmes, qui, en plus de ne pas reconnaître la transphobie comme une discrimination, rendent généralement extrêmement difficile le changement d'état-civil, requérant la stérilisation pour changer la mention du sexe. En plus de mettre des bâtons dans les roues des personnes trans, ce refus de changer l'état-civil peut avoir des conséquences catastrophiques, en risquant de les «outer» dans un milieu transphobe ; un autre exemple dramatique où l'Etat est directement complice des violences transphobes est la situation dans les prisons, où les trans sont placé·e·s quasi-systématiquement en isolement, et où les femmes trans sont enfermées avec des hommes, devenant des cibles privilégiées d'humiliations, de violences et de viols.

La prétendue « dépsychiatrisation » des trans clamée par le gouvernement n'est qu'un effet d'annonce : seul le nom de catégories de remboursement ALD change, et non pas l'obligation d'être « diagnostiqué » par un psychiatre pour avoir accès aux hormones et aux opérations, tandis que les trans subissent également des discriminations dans les accès aux soins. De plus, le non-remboursement de certains actes liés à la transition, ainsi que les discriminations à l'embauche ou encore dans l'accès au logement exposent particulièrement les trans à la précarité. Ainsi, un nombre important de femmes trans ont recours à la prostitution, et sont par conséquent encore plus exposées aux risques de violence.

Les violences spécifiques aux personnes trans ne concernent pas qu'eux et elles : donner des circonstances atténuantes à un meurtrier parce que sa victime l'a «trompé» sur son «vrai sexe» ou parce qu'elle avait «une force d'homme» lui permettant de se défendre, c'est aussi légitimer les argumentations patriarcales rendant responsables les victimes de violences et de viols ; permettre à des psychiatres de donner ou pas leur feu vert en fonction de l'«adéquation» au genre désiré, c'est légitimer les normes de genre pour tout le monde ; refuser aux trans l'accès à des traitements hormonaux ou chirurgicaux, ou au contraire leur en imposer pour obtenir un changement d'état-civil, c'est attaquer le droit de tou-te-s à disposer de son corps.

La haine des trans ne naît pas de rien ; elle est le fruit du système patriarcal qui impose à tout le monde, en fonction d'un détail anatomique, un genre rigide qui doit déterminer toute notre vie : rose ou bleu, jupe ou pantalon, attirée par les hommes ou attiré par les femmes, opprimée ou privilégié. La lutte pour la libération des trans, comme celle des homosexuel-le-s ou des intersexes, n'est par conséquent pas dissociable du combat féministe et doit être pleinement prise en compte dans le combat pour un monde sans oppressions

Nous exigeons :

  • la dépsychiatrisation des trans, sans expertEs censéEs séparer les vraiEs trans du reste de la population ;
  • Arrêt des traitements imposés aux intersexes, accès libre et remboursé aux actes liés à la transition, contraception et avortement libres, gratuits et accessibles ; l'arrêt des pressions exercées par la médecine et l’Etat pour imposer la chirurgie génitale ;
  • l’accès à une véritable information sur les traitements, pour permettre aux trans d'être acteurICE de leur suivi médical ;
  • la dissolution des équipes officielles et le libre choix des médecins ;
  • la prise en charge des soins par la Sécurité Sociale ;
  • la reconnaissance officielle et légale de la transphobie et la mise en place de réelles campagnes de prévention contre les discriminations sexistes et LGBTIphobes ;
  • la suppression de la mention du sexe à l’état-civil et le droit pour chacunE de modifier son identité légale s’il ou elle le désire.

Rassemblement marché Sébastopol à Lille samedi 20 novembre 2010 à midi

mardi, novembre 16 2010

Manif de nuit féministe le jeudi 25 novembre à Lille

Rendez-vous le 25 novembre 2010 à Lille à 20h30 devant l'Opéra

Manif de nuit féministe non-mixte pour les gouines et les femmes, que nous soyons trans ou cisgenres, quelles que soient nos sexualités, nos couleurs, nos cultures, nos classes sociales…

Nous sommes diverses, multiples et mouvantes. Nous sommes féministes tant qu’il le faudra !

LA NUIT NOUS APPARTIENT !

En tant que personnes catégorisées femmes, nous sommes en permanence matraquées par des règles de conduites qui restreignent nos libertés : «Ne sors pas toute seule le soir», «Ne mets pas de mini-jupe, c’est de la provocation» ou encore «Fais-toi raccompagner par un homme». Ces injonctions conditionnent nos agissements et ne nous donnent pas d’outils pour nous défendre. Et si on ne suit pas ces règles, on a encore plus peur, on est culpabilisées et rappelées à l’ordre.

La peur entretenue de la nuit fait de l’ombre aux violences de la journée. NON, les violences n’ont pas d’heure et elles sont partout : dans les maisons, dans la rue, au travail… En effet, les femmes sont principalement agressées par des hommes qu’elles connaissent (conjoint, collègue, voisin, patron, oncle, père…) dans un lieu qui leur est familier. Cependant, l’espace public reste majoritairement - voire exclusivement - le territoire des hommes, d’autant plus la nuit.

Pour les personnes catégorisées comme femmes, la rue est un espace où l’on est en permanence considérées comme disponibles sexuellement ; un espace de harcèlements, de reluquages, d’attouchements sexuels, d’injures, de sifflements et de peur des agressions masculines (qu’elles soient physiques, verbales, sexuelles, psychologiques).

Pour exprimer notre force et notre parole en autonomie par rapport aux mecs, cette manifestation est organisée entre féministes, femmes, filles, lesbiennes, gouines ; celles qui en ont marre de se faire mater comme un bout de viande ou d’être considérées comme des poupées gonflables, celles qui vivent dans la rue ou y travaillent, celles qui veulent embrasser leur copine dans le bus, celles à qui on dit qu’elles se sont trompées de chiottes, celles qui sont racisées et exotisées, celles qui en ont marre des mains au cul, celles qui veulent boire un coup sans se faire draguer… Cette manifestation est pour toutes celles qui reconnaissent des petits bouts de leurs vies dans ces violences et cette oppression.

Marre du contrôle de nos corps et de nos vies ! Marre de se prendre des claques dans la gueule (au propre comme au figuré) ! Marre d’être de la chair à viol ! Nous voulons que nos corps nous appartiennent enfin !

✪ Parce qu’il n’est pas normal que nous ayons peur quand nous marchons seules la nuit.

✪ Parce qu’on en a marre de ne croiser que des mecs dans la rue, les gares, les métros… après 23h.

✪ Parce que nos corps et nos vies ne nous appartiennent toujours pas.

✪ Parce qu’on nous impose le modèle hétérosexuel et que toute autre sexualité est diabolisée ou invisibilisée.

✪ Parce que les normes physiques qu’on nous impose (pubs, journaux, films, télé…) sont fixées par et pour les hommes, et qu’on voudrait nous faire croire que toutes les femmes sont blanches, aux cheveux lisses, « valides », jeunes, minces et épilées, ces modèles dominants excluent et répriment toutes celles qui ne rentrent pas dans le cadre.

✪ Parce que les violences masculines sont une importante cause de mortalité et d’invalidité des femmes et des lesbiennes dans le monde.

✪ Parce qu’une femme est violée toutes les 10 minutes ! Et parce qu’en face, la réponse des institutions (quand elles la croient !) n’est que demande de preuves et infantilisation.

✪ Parce que ras-le-bol de l’obligation d’être polies, souriantes, douces et aimables.

✪ Parce qu’être sans-papières, c’est travailler pour peu ou pas de rémunération et sans la protection du droit du travail.

✪ Parce que la situation de semi-clandestinité dans laquelle sont placées les femmes sans-papiers, les empêche de porter plainte en cas d’abus ou d’agressions de peur de l’expulsion et les place à la merci de dominations patriarcale, capitaliste et raciste plus accrues.

✪ Parce que les personnes racialisées sont exotisées, considérées comme objets de fantasmes.

✪ Parce que l’islamophobie régnante catégorise les femmes musulmanes (voilées ou non) comme des victimes, des terroristes ou des prosélytes religieuses et les instrumentalise pour justifier des lois racistes.

✪ Parce que la société raciste n’accorde aux personnes racialisées qu’une place de sous-citoyenNE, et que les personnes blanches refusent souvent de reconnaître et d’abandonner leurs privilèges issus de la colonisation.

✪ Parce que le concept de race est une construction sociale, tout comme celui de genre.

✪ Parce qu’avec peu ou pas de ressources (tunes, réseau social, études, …), c’est encore plus compliqué de se sortir d’une relation violente.

✪ Parce que, fait chier, on n’a pas toutes un 4x4 de luxe pour pouvoir traverser la ville sans se prendre insultes, mains aux fesses et plans dragues.

✪ Parce que parfois les seules sources lumineuses dans la rue sont des pubs sexistes .

✪ Parce que les gouines en ont marre qu’on leur dise qu’elles sont gouines parce qu’elles n’ont pas trouver le bon mec.

✪ Parce que les lesbiennes sont victimes de lesbophobie (agressions physiques, verbales, viols, blagues, invectives, remarques, invisibilisation, injonction à l’intégration…) .

✪ Parce que tous les trois jours une personne trans est assassinée dans le monde, et que celles qui subissent le plus de violences sont souvent des meufs pauvres et de couleur.

✪ Parce que la transphobie n’est même pas reconnue par la loi française.

✪ Parce que les personnes bi vivent avec l’injonction permanente de choisir leur camp et que la biphobie n’est pas reconnue par les institutions.

✪ Parce que le caractère lesbophobe ou transphobe de certaines agressions est rarement reconnu ; et que le caractère sexiste des agressions sur les femmes trans est généralement nié.

✪ Parce que celles qui ont choisi de ne pas avoir d’enfants vivent avec l’injonction d’en avoir, et parce que celles qui en ont vivent avec l’injonction d’être des "bonnes mères" (douces, entièrement vouées à leurs enfants, devant renoncer à la vie nocturne…). Mais aussi parce que certaines qui voudraient en avoir se voient refuser l’accès à l’adoption ou à la procréation médicalement assistée.

✪ Parce qu’en réprimant les prostituées (notamment via la loi sur le racolage passif), l’État les met en danger.

✪ Parce que dans notre société binaire (masculin/féminin) et patriarcale, les dominations masculines et hétérosexistes continuent d’exister même dans les milieux « ouverts d’esprit ».

✪ Parce qu’on est censées être baisables mais pas baiseuses.

✪ Parce que avant 30ans, on est censées être des petites connes immatures et qu’après 30ans, on est censées être des vieilles connes acariâtres, alors qu’en vrai, on a la classe tout le temps.

✪ Parce qu’on en a marre d’entendre « alors, vous êtes seules les filles ? » alors que: « non, on est quatre, connard ! », et qu’on en a marre d’entendre « alors, tu es seule ce soir ? » puisque « oui, je suis seule, et je t’emmerde ! ».

✪ Parce que, oui, on a de l’humour, mais les remarques, invectives et blagues sexistes ne sont pas drôles.

✪ Parce que : oui, on existe, non, on n’a pas besoin qu’on nous tienne par la main et si vous refusez de l’entendre, ça va chier et on vous emmerde!

Ainsi pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, nous sommes dans la rue aujourd’hui et dans la lutte au quotidien. Nous ne souhaitons pas accéder aux privilèges des hommes mais abolir tous les privilèges et les systèmes de dominations qui les entretiennent ; nous voulons pouvoir nous définir par nous-mêmes et pour nous-mêmes.

Tant que nous ne serons pas considérées comme des individues à part entière, tant que nous serons des citoyennes de seconde zone, tant que nous n’aurons pas notre place dans la rue, tant que notre accès à l’espace public sera soumis à des conditions hétérosexistes, nous ne lâcherons pas l’affaire !

Nous continuerons à nous mobiliser, à investir l’espace, à exiger notre place et à combattre ce système patriarcal, capitaliste, raciste, classiste, binaire et hétéronormé.

Organisons-nous…

Résistance Féministe ! Solidarité! Autonomie !

MARCHONS LA NUIT POUR NE PLUS JAMAIS NOUS FAIRE MARCHER DESSUS!

Qui sommes nous ?

Un groupe informel féministe de gouines, hétéras, bies, meufs (trans et cisgenres). Notre féminisme s’inscrit dans une lutte plus globale contre tous les systèmes d’oppression. Nous avons conscience d’être une écrasante majorité de blanches cisgenres issues des classes moyennes instruites. C’est pourquoi nous essayons de travailler entre nous sur nos rapports de domination liés à notre genre, notre classe socio-économique, notre origine géographique, notre racialisation… Nous invitons toutes celles qui se reconnaissent dans ce tract, toutes celles qui ont une réflexion sur le croisement des oppressions, et toutes celles qui veulent critiquer les oppressions (y compris celles que nous produisons) à venir nous rejoindre pour un réel féminisme antiraciste !

mardi, novembre 9 2010

Dans la série «devinettes»...

Je suis une militante connue dans les années 1970 et 1980 notamment pour mes écrits transphobes : j'ai écrit un livre entier pour dénoncer l'infamie des personnes «transsexuelles», en me centrant sur les meufs trans et en invisibilisant les mecs trans. J'ai également pratique l'outing non-consentant de personnes trans et le lobbying contre l'accès des personnes trans à des traitements hormonaux ou chirurgicaux.

Sur une autre thématique, mais qui rejoint le droit à disposer de son corps, j'ai également attaqué au début des années 90 la pilule RU-486 qui permet l'avortement médicamenteux.

Je suis, je suis, je suis...

  1. invitée à un congrès du Front National
  2. invitée à un «congrès international féministe» sur les 40 ans du MLF, de manière assez drôle dans la thématique «Notre corps nous appartient-il vraiment ?». Là, c'est sûr que la réponse risque d'être non...

jeudi, octobre 28 2010

Âgisme... et sexisme

Un article du site du NouvelObs parle de la nouvelle campagne du ministère de la culture en faveur pour vendre une carte musique, et dénonce quelque peu son aspect jeunisme :

Ridicules, gauches, accrocs au shopping, fan de Tecktonik et de rap... Les jeunes du gouvernement concentrent tous les stéréotypes. La voix off s'attache ensuite à critiquer "le style" du jeune et lui assure, dans un langage proche du SMS, qu'il "va kiffer" avec la carte musique. Pour s'adresser aux 12-25 ans, le gouvernement opte pour le jeunisme dans quatre clips.

Ce qui n'est pas relevé, par contre, c'est que sur ces quatres jeunes, trois sont des mecs et une est une meuf. Les clips sont tous basés sur le principe suivant : le ou la jeune «cause» mais on ne voit que la moitié de son corps, puis ensuite on voit l'autre moitié, ouh lala la, ça ne va pas du tout, donc achetez une carte musique.

Et ce qui est quand même bizarre, c'est que bizarrement pour les trois mecs, au début du clip, on voit un plan sur le haut de leur corps, avec leur visage et tout, tandis qu'ils parlent. Mais bon pour la meuf, non, parce qu'une meuf on ne n'intéresse pas à sa tête : au début du clip, tandis qu'elle parle, on ne voit que ses jambe et sa jupe.

Classe, hein ?

Difficile vu la tonalité donnée de ne pas trouver ensuite un peu étrange (voire miso, en fait) que pour deux des mecs, la grande horreur qui se révèle quand on les voit en entier est, pour l'un, qu'il porte un kilt, et pour l'autre un tutu...

(Seule consolation de cette campagne assez miteuse produite par un gouvernement qui ne l'est pas moins, c'est que même si c'est pour présenter à quel point c'est abominaffreux et honteux de s'habiller comme ça, c'est qu'en fait je trouve que le look rappeur/kilt/rangers c'est quand même la putain de classe...)

dimanche, octobre 24 2010

Bilan personnel de l'Existrans 2010

Hier 500 personnes (selon la police) ou 1500 (selon les organisat·eur·ice·s) ont manifesté durant l'Existrans, dont le mot d'ordre cette année était «Notre identité de genre nous appartient, notre liberté de genre ne se négocie pas».

Des militant·e·s de pas mal d'assocations étaient présentes, comme des personnes d'Outrans, de Chrysalide, des Panthères Roses, d'Aides et d'Act-Up, de Contact (qui ne se sont peut-être pas dit que manifester uniquement avec des pancartes ou banderoles pour les «gays et lesbiens» était un peu incongru), des Soeurs de la Perpétuelle Indulgence (qui ne font pas encore trop bien la différence entre être soutien à une lutte et être relou), et j'en oublie sûrement plein d'autres.

Et des Flamands Roses, aussi, venuEs avec sans banderoles mais avec des pancartes (beaucoup refilées à d'autres personnes en fait, il faut l'avouer) telles que :

  • Retirez ce sexe de mon état-civil
  • Demande-moi si je suis opéréE et c'est toi qui va devoir te faire refaire le nez
  • Les trans ne sont pas un sujet de thèse pour universaires cisgenres en mal de radicalisme
  • Les trans ne sont pas des modèles pour artistes & photographes en mal de subversion
  • Ni pathologisation, ni exotisation
  • Un homme, c'est comme ça, une femme, c'est comme ça, ta gueule, le psy, tu nous fatigues
  • Exotique toi-même
  • Non à l'exotisation politique des trans dans les milieux LGBTQI

(Malheureusement il n'y avait pas «Transphobes, hors de nos vies ; translovers, hors de nos lits» qu'on a dû perdre quelque part, ce qui m'a frustrée, parce que j'avais envie de faire de la visibilité transloverphobe.)

Sinon, manifestation plutôt sympa malgré le temps un peu pourri et les 250 appareils photos et 150 camescopes.

Signalons par ailleurs un groupe de sinistres individus principalement composé de gouines misandres qui, non contentes de ne pas respecter les slogans officiels et de gueuler à la place des choses telles que «si t'es contre la transphobie tape sur ton psy», «contre la psychiatrisation, kalashnikov», «un psychiatre, une balle, une équipe, une rafale», ou encore «ni homme cisgenre ni bioman, misandrie internationale» s'amusaient en plus à jeter des cacahuètes sur les gens qui se croyaient au zoo. C'est vraiment honteux, hein ?

jeudi, octobre 21 2010

CQFD, euh, non, CFDT...

La CFDT veut se distancier de toute «radicalité»...

Afin de «préserver un élan de sympathie», la CFDT explique, dans un communiqué, qu'il faut se distancier des méchantes gens trop radicales qui font un peu n'importe quoi : «cet élan de sympathie, pour être conservé, exige une prise de distance avec toute forme de radicalité"».

... pas de l'homophobie

Et pendant ce temps :

mur-cfdt-ump-lille.jpg

J'imagine que les «PD» ne font pas partie des gens pour lesquels il est important de conserver un «élan de sympathie»...

lundi, octobre 4 2010

Nos artistes ont du talent

Je ne pensais pas au départ relayer l'information sur ce blog, vu qu'il y a des chances pour que, si vous avez une connexion Internet, vous n'ayez pas pu passer à côté, mais bon voilà : il y a un groupe de rap qui s'appelle Sexion d'assaut dont les propos homophobes ont récemment été découverts et (légitimement) dénoncés, et qui du coup a vu quelques-uns de ses concerts annulés à cause de ça.

Ce que je trouve drôle, là-dedans, c'est la complainte ressortie par un certain nombre de personnes, pour en gros expliquer que c'est le rap, dans son ensemble et sans nuance, qui est sexiste et homophobe, avec l'idée du coup que c'est un problème bien spécifique au rap et qu'on ne retrouverait pas ailleurs.

La preuve, pendant ce temps, il y avait «salle comble à Bègles pour le retour sur scène de Bertrand Cantat», ce «grand artiste».

Mais ouais, les connards qui font de la musique, ça doit vraiment être spécifique au rap...

mardi, septembre 14 2010

De la lesbophobie des mots-clés

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il y a eu des petits changements sur Google dernièrement, avec une fonctionnalité très «Hype 2.0» qui fait qu'au fur et à mesure qu'on tape la phrase qu'on recherche, ben les résultats commencent à s'afficher, sans avoir à appuyer sur la touche «entrée».

Enfin, pas tout le temps.

Ainsi, comme des médias LGBT l'ont relevé, cela ne s'applique pas à certains contenus jugés pornographiques ou injurieux, où, là, rien ne s'affichera tant qu'on appuyera pas sur «entrée».

Prenons un exemple concret, et tapons «féministe» sur google. Youpi, on n'a même pas à terminer le mot que Google propose de nous le compléter et de nous envoie déjà les résultats.

Maintenant, essayons une recherche plus précise, par exemple «lesbienne féministe». Là, bizarrement, on n'a plus de «complétion» ni de résultats donnés à l'avance.

Ben oui, parce que «lesbienne», c'est pornographique, hein.

Forcément.

Bizarrement, pour «gay» on n'a pas ce problème, et, magie, on a les résulats qui s'affichent avant d'avoir à appuyer sur entrée.

Évidemment, il y a d'autres mots avec les mêmes problèmes : les sites que j'ai linkés plus haut en mettent en anglais, en français «gouine» suscite le même blocage, tout comme «bisexuel», «transsexuel», «transgenre» (alors qu'en anglais, «transgender» passe...), «saphique», et sans doute un paquet d'autres.

Après on me dira que c'est pas dramatique, qu'il s'agit juste d'avoir à appuyer sur «entrée» pour voir les résultats dans un cas et pas dans l'autre...

Sauf que là où ça me paraît grave, c'est que ça se rapproche quand même doucement du filtrage sur le contenu des recherches et que je sais pas ce que ça deviendra quand on en sera au «Hype 3.0». Il y a déjà des paquets de réseaux privés (écoles, entreprises, etc.) qui sous couvert d'empêcher le contenu porno bloquent l'accès à certains sites de ressources LGBT, et du coup contribuent à l'isolement de personnes qui peuvent pas se connecter ailleurs.

Ce que je trouve particulièrement hypocrite dans le cas de Google, c'est que quand on fait une recherche sur «lesbienne» (et donc qu'on a passé le cap de la touche entrée), là où on voit le plus de liens pour le porno exotisant de merde c'est... dans les pubs que Google envoie, et pour lequel il se fait tout son fric.

Sinon apparemment y'a une espèce de pétition contre ça, même si j'avoue que je suis un peu dubitative sur les résultats, mais bon...

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