Rangers & Bas résille

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Actualité

News, relai d'information, annonces, etc.

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi, juillet 8 2010

La sociologie est un sport de combat (en tout cas y'a des sociologues qu'on verrait bien se prendre des tartes)

Il y a un énième bouquin dont je n'ai pas spécialement envie de parler qui est quelque peu homophobe ce qui, du coup, a suscité quelques réactions de personnes qui dénoncent l'homophobie.

Il s'appelle «700 millions de (gays) geis », et on peut voir ce qui lui est reproché plus spécifiquement sur le site Yagg, mais ce n'est pas vraiment ce dont j'ai envie de parler ici[1].

Non, ce dont je voudrais parler, c'est la réponse de l'éditeur (que l'on retrouve aussi sur le site Yagg) , l'Harmattan, tellement je la trouve puante.

Après cette douloureuse lecture, Yagg a souhaité interroger la maison d’édition. Denis Pryen, directeur des éditions L’Harmattan, nous l’affirme: « La vente du livre a été suspendue parce que dans la puce, c’est-à-dire le petit résumé du livre que l’on pouvait trouver sur le site, il manquait une phrase qui faisait que le propos portait à confusion. On a eu de nombreuses réactions de sociologues très remontés par ce qu’il ont pu lire dans la puce ».

Ce qui est intéressant, c'est que perso j'ai pas mal entendu parler de ce bouquin et d'appel à le dénoncer par Internet et divers réseaux sociaux. Jusqu'à preuve du contraire, malgré mes travaux sur les connards de rues, je ne suis pas sociologue, et je ne suis pas persuadée que c'était plus le cas des personnes qui relayaient cet appel à boycott.

À vrai dire, je pense même que la plupart des gens étaient des personnes concernées par les propos (c'est-à-dire des homos) et pas spécialement des sociologues. Mais non, visiblement, là, il n'y a que l'avis des sociologues qui compte...

« Je comprend que cela puisse choquer. C’est un livre qui est à la frange, ajoute-t-il. Les propos de l’auteur reposent sur sa propre croyance et sa propre perception des choses. Mais ses arguments, si on les lit bien, sont plutôt des appels à la tolérance. Notre position est que l’on a une liberté totale. Tant que l’auteur appelle à la tolérance et ne prononce pas de discours haineux ».

Et c'est là qu'on voit la beauté de cette logique de tolérance de merde : le dominant reste tolérant et gentil, puisqu'il ne prononce pas de propos haineux, alors que ça va être les oppriméEs qui vont se voir accuser d'intolérance, de censure, de discours haineux (accusation de sexisme anti-homme, de misandrie, de racisme anti-blanc, d'hétérophobie[2]). Certes ce n'est pas tout à fait les propos qu'il tient ici, mais c'est cette logique que me renvoie cette notion de «tolérance».

« C’est un bouquin écrit de Tunisie et il faut bien avoir ça en tête. Il tente de lutter contre les discriminations qui existent à l’égard des homosexuels dans son pays. Il s’intéresse juste à ce sujet. Notre position est de travailler avec de nombreux écrits de pays arabes et la façon dont ces sujets sont traité peuvent sembler ici rétrogrades mais pas là-bas. Il attire l’attention sur les questions de genre inversé, il provoque une étude de ces questions et ce livre émane d’une zone où il y a une forte répression contre les homosexuels. Lui appelle à la tolérance. Le contexte dans lequel il est écrit est important et ce n’est pas un livre destiné au grand public, il est dans une collection particulièrement destinée aux sociologues, et les sociologues comprennent parfaitement bien le contexte qui entoure ce livre. Pour nous, il est important qu’il y ait de plus en plus de livres dans ces pays-là sur ses sujets. »

Y'a que moi qui trouve ça puant ? L'espèce de logique coloniale «bon ok c'est homophobe, mais bon, c'est un tunisien qui l'a écrit, il faut le comprendre», mêlée à l'argument de merde «on est entre sociologues, pourquoi diable est-ce que nos sujets d'études veulent parler avec nous ?»

Et ce qui m'interpelle c'est : on va vraiment me faire croire qu'il n'y a personne en Tunisie qui a des trucs vachement plus intéressants à dire, et qui peut-être aurait moins accès au monde de l'édition, à la notoriété, à la visibilité de ce qu'il ou elle écrit ? Quelqu'unE qui serait en fait directement concernéE par le sujet ? Ah, mais ouais, pardon, il ou elle serait peut-être pas sociologue...

Plus le temps passe, plus je croise des gens qui viennent nous (LGBT en l'occurrence) étudier en tant que sociologue/psychologue/machinologue, plus je trouve que la notion de scientifique qui parle à la place des autres et prétend tout mettre sur le même niveau sous couvert de soi-disant «neutralité» me fait gerber...

Et du coup, quand je vois ça :

Nous publions également une revue sur les questions de genre. Pour nous cette diversité et la liberté totale des opinions est importante. C’est tout cela qui est intéressant. Et notre position est très claire, nous sommes pour le respect et la tolérance de tous et de toutes les sexualités », conclut-il.

je crois que moi, vraiment, désolée, mais je suis de plus en plus «intolérante».

Notes

[1] Si ce n'est pour dire que du coup, d'après les travaux de l'auteur, en tant que trans gouine je devrais être une âme d'homme enfermé dans un corps de femme enfermée dans un corps d'homme. (<geek>Y'a un moment où j'ai peur d'avoir une erreur STACK OVERFLOW.</geek>)

[2] En tant que cisphobe, je me sens du coup un peu invisibilisée.

jeudi, juin 10 2010

Le courage des connards de rue (suite)

Un petit billet un peu à chaud que je vais peut-être regretter de poster, mais bon... (MàJ: maintenant en fait un petit billet un peu moins à chaud et écrit avec un style un peu moins pourri.)

Je me suis faite agresser physiquement tout à l'heure par environ huit connards qui se trouvaient sans doute par un pur un hasard être tous des mecs.

Ça a d'abord commencé par des insultes verbales alors que je rentrais chez moi en passant par l'avenue du peuble belge ; j'avais croisé un groupe de jeunes mecs, autour de huit, dont l'un d'eux a cru fort intelligent de me lancer au passage «oh, tu prends combien».

Alors certes, c'est une rue où il y a du tapin mais estimant que :

  • les putes tapinaient rarement en se déplaçant à allure relativement rapide et avec un sac à dos ;
  • quand bien même, on peut parler de manière polie aux prostituées ;
  • le sourire goguenard et le déplacement en bande ne faisait pas croire à une proposition de sexe tarifée mais plus un truc du genre «aha, les nanas on peut les traiter de pute de manière fort subtile, c'est trop drôle et ça prouve qu'on est des mecs virils» ;

je me suis retournée vers lui et lui ai rétorqué que, pour eux il n'y aurait pas moyen et qu'ils n'auraient pas assez, n'ayant pas tellement plus de répartie sur le coup.

Ils se sont alors mis à m'insulter : «connasse», «pute» aussi je crois (visiblement c'est le summum de l'insulte), et j'ai répliqué en les traitant de connards, ce qui n'était toujours pas la preuve d'une grande répartie, mais on fait avec ce qu'on a.

Un des types a alors demandé quelque chose comme «c'est un travelo ?» à ses camarades, tandis qu'un autre s'approchait de moi et jouait au gars viril dans la façon de s'avancer menaçante, tout en demandant «oh tu veux quoi» en prenant une voix grave. Je lui ai répondu que ça me soulait qu'on agresse les nanas et que ça me gonflait les mecs qui faisait chier avec leur testo de merde. Après en vrai je suis pas d'accord pour dire «c'est la faute de la testo», et je trouve ça un peu essentialiste et facile puisque ça donne des excuses aux mecs, mais sur le coup c'est ce qui m'est venu.

Un autre gars s'est alors approché de moi et m'a traité de pédé - peut-être était-ce le même qui demandait à ses potes si j'étais un «travelo», je ne sais pas trop. J'ai répondu en le traitant je crois de «connard», avec peut-être un «va chier», je ne sais pas trop, et c'est là qu'il m'a craché dessus.

Et là, j'ai fait ce qui était absolument intolérable et, vu sa tête, absolument inimiginable. J'ai répliqué en pratiquant le même mode de communication, c'est-à-dire en lui crachant aussi dessus à mon tour, parce qu'il n'y a pas de raison.

Là, étonnamment, j'ai réalisé qu'autant une meuf qui se faisait cracher dessus était censée rester impassible ou au pire s'éloigner d'un pas vif, autant l'inverse était absolument intolérable et méritait sanction. Le type m'a alors foncé dessus et m'a donné un coup de pied un peu au dessus du genou, dans un geste qui était, je dois dire, assez impressionnant - avec un bond et tout - quoique assez peu efficace.

J'ai essayé de me défendre en sortant un objet contondant de mon sac à main (eh oui, même les sacs à mains roses avec des petits dessins rigolos peuvent contenir des objets contondants), ce qui a fait reculer le bonhomme, pendant qu'un de ses copains me cognait dans la tempe sans que je ne pût le voir venir - sans doute un coup de poing.

Le coup sur la tempe m'a assommée un peu et je crois que j'ai titubé, à moins que mon manque d'équilibre n'ait été dû aux coups que les acolytes du bonhomme me donnaient dans le dos (et c'est là que j'étais contente d'avoir mon sac à dos, et surtout de ne pas avoir mis de trucs fragiles dedans).

J'ai, à ce moment là, rangé mes lunettes dans mon sac à main parce que je sentais que ça allait mal se finir et que c'est cher les lunettes et que vu comme je suis myope je suis mal barrée pour vivre en attendant de faire refaire les verres.

Je me suis encore pris quelques coups pendant que les voitures passaient avenue du peuble belge. Aucune ne s'est arrêtée.

Finalement, les types se sont mis à se barrer. Je les ai suivis un peu en sortant un téléphone pour essayer d'appeler le 112 (ou éventuellement leur cogner dessus à mon tour, j'avoue que ça m'a traversé l'esprit), mais ils couraient plus vite que moi et je me voyais mal continuer l'opération sans mes lunettes (oui, je suis vraiment myope).

Finalement je suis rentrée chez moi sans savoir trop quoi faire (porter plainte pour me taper la transphobie des policiers en plus de la transphobie, du sexisme, et de l'homophobie de ces connards ?), envisageant l'achat d'une bombe lacrymo.

Heureusement, je vais bien, mes lunettes aussi, j'ai donc pu faire ma redescente d'adrénaline en bouffant de la junk food et en regardant un épisode d'une série télé quelconque.

(Et sinon, parce que la pub éhontée ce n'est jamais déplacé, même sur un sujet comme ça, dans ce que j'écris, il y a aussi des fois où certes c'est un peu de la fiction mais où on peut voir de la gouine latter du connard de manière autrement plus convaincante que dans mes compte-rendus d'agressions : c'est sur Enfants de Mars et de Vénus.)

lundi, mai 31 2010

Manif de nuit de Lille : bilan perso...

Voilà, samedi dernier s'est tenue la manif de nuit dont je vous avais déjà parlé sur ce blog à deux reprises.

Alors on est parties à une petite centaine de meufs, direction le vieux Lille, derrière la banderole "Marchons la nuit pour ne plus jamais nous faire marcher dessus". On avait plein de jolies pancartes avec des slogans sympas :

  • la nuit nous appartient !
  • dans "non" c'est quoi que tu comprends pas?
  • pourquoi les couples hétéros cherchent-ils à imiter les couples butch-fem ?
  • le féminisme n'a jamais tué personne, on s'y met quand ?
  • riot, not diet
  • XX ? XY ? Je suis une fille XXL !
  • Mère si je veux, mère comme je veux !
  • Nique ton père le patriarche
  • Exotique toi-même !
  • lesbienne radicale contre l'ordre morale
  • Etc. etc.

Ambiance super sympa malgré le temps un peu pourri. Quelques réactions pourries de connards machos sur notre chemin mais une façon de répondre vachement collective et «enpouvoirante» comme on dit, puisqu'on leur répondait en général à grand coups de slogans bien sentis. On notera d'ailleurs que le macho de base ne trouve le courage d'attaquer les méchantes féministes que dans une des conditions suivantes :

  • être accompagné d'au moins quatre de ses pairs
  • être dans une voiture
  • être depuis sa fenêtre du deuxième étage

Donc bref c'était hyper cool, avec à la fois un côté se réapproprier la nuit, se rendre compte que youhou les connards on pouvait les envoyer chier et qu'on avait pas à fermer nos geules et tout ça.

Sauf qu'au bout de trois rues, en arrivant à Rihour, des flics nous ont encerclées et empêchées de continuer plus loin. On est restées bloquées une bonne demi heure sous la pluie battante, ce qui était moyennement sympa. On a aussi eu droit aux reflexions sexistes/lesbophobes/transphobes de la police nationale (police patriarcale, rappelons-le). Finalement on a fini par se disperser non sans avoir gueulé quelques slogans en retour, dont notamment (quand on a vu débarquer une demi-douzaine de camions de flics) : «moins de camions, plus de camionneuses», qui n'a pas vraiment plu aux messieurs en uniforme qui apparemment n'aime pas les camionneuses (ce qui prouve, s'il le fallait encore, que le policier de base, en plus d'être au service de l'hétéropatriarcapitalisme, n'a pas de goût).

Donc voilà, c'était bien parti mais du coup ça a été très court à cause de nos «amis» de la police....qui nous ont en plus empêchées de repartir avec nos belles pancartes, qu'on a dû poser sur la place et les laisser livrées seules face à la pluie battante qui les dissolvait lentement. Snif...

Heureusement on s'est ensuite retrouvées pour une after qui était super cool et il y a quand même des chances (enfin j'espère) qu'on remette ça dans pas trop longtemps et qu'on refera vite des pancartes encore plus belles... et rebelles.

jeudi, mai 27 2010

En vrac : Rassemblement contre une agressions lesbophobe à Paris / Tract de la manif de nuit à Lille

Juste un petit billet pour passer quelques news.

Rassemblement contre une agression lesbophobe à Paris

Suite à l'agression de deux lesbiennes le samedi 23 mai devant le canal de l'Ourcq, il y a un appel aux lesbiennes à venir se rassembler pour un pique-nique solidaire, pour se réapproprier l'espace le samedi 29 mai entre 18h30 et 21h00 devant le restaurant «O KAY Café» au bord du canal.

Pour plus d'informations, voir par exemple ici.

Tract de la manif de nuit à Lille

Et si vous êtes plutôt à Lille ce samedi 29 mai (et si vous êtes une lesbienne, une meuf, une gouine ou en tout cas une quelquechose), il y a la manifestation de nuit qui partira à 21h devant l'opéra, et dont j'avais copié/collé le tract dans le billet précédent.

Tract qui est dorénavant disponible dans un format vachement plus joli sous forme de beau 4 pages, ce que je ne pouvais m'empêcher de vous faire partager.

dimanche, mai 9 2010

Manif féministe de nuit à Lille le 29 mai

Youpi, voici le tract pour la manif féministe de nuit qui aura lieu à Lille le 29 mai que je ne peux m'empêcher de vous copier/coller (un tract au format Word est aussi disponible sur le site d'Indymedia)


MANIF DE NUIT FEMINISTE NON-MIXTE FEMMES, LESBIENNES, GOUINES, BISEXUELLES, ASEXUELLES, HETEROSEXUELLES, PANSEXUELLES (QUE NOUS SOYONS TRANS OU CISGENRES)

RENDEZ-VOUS LE SAMEDI 29 MAI 2010 A 21H DEVANT L’OPERA DE LILLE

Nous sommes diverses, multiples et mouvantes.

Nous sommes des féministes, femmes, lesbiennes, gouines, et/ou transgirls …

Nous sommes bisexuelles, hétérosexuelles, autosexuelles, asexuelles, homosexuelles…

Nous sommes précaires, pauvres, salariées, sans-papières, ouvrières, étudiantes, chômeuses, femmes au foyer, travailleuses du sexe, mères célibataires, organisées ou isolées…

Nous sommes noires, blanches, métisses, asiatiques, arabes, latinas, berbères…

Nous sommes grosses, maigres, fortes, minces, rondes, poilues, rasées, plates ou à gros seins, à cheveux longs ou crâne rasé, avec crête de punk ou raie sur le côté, avec un voile, une casquette ou un chapeau…

Nous aimons les mini-jupes et les caleçons, les baggys et les talons, les grosses godasses et les tops à paillettes…

Nous sommes jeunes, vieilles, avec handicap ou pas pour l’instant… Nous sommes féministes tant qu’il le faudra !

La nuit nous appartient !

En tant que personnes catégorisées femmes, nous sommes en permanence matraquées par des règles de conduites qui restreignent nos libertés : « Ne sors pas toute seule le soir », « Ne mets pas de mini-jupe, c’est de la provocation » ou encore « Fais-toi raccompagner par un homme ». Ces injonctions conditionnent nos agissements et ne nous donnent pas d’outils pour nous défendre. Et si on ne suit pas ces règles, on a encore plus peur, on est culpabilisées et rappelées à l’ordre.

La peur entretenue de la nuit fait de l’ombre aux violences de la journée. NON, les violences n’ont pas d’heure et elles sont partout : dans les maisons, dans la rue, au travail… En effet, les femmes sont majoritairement agressées par des hommes qu’elles connaissent (conjoint, collègue, voisin, patron, oncle, père…) dans un lieu qui leur est familier. Cependant, l’espace public reste majoritairement - voire exclusivement - le territoire des hommes, d’autant plus la nuit.

Pour les personnes catégorisées comme femmes, la rue est un espace où l’on est en permanence considérées comme disponibles sexuellement ; un espace de harcèlements, de reluquages, d’attouchements sexuels, d’injures, de sifflements et de peur des agressions masculines (qu’elles soient physiques, verbales, sexuelles, psychologiques).

Pour exprimer notre force et notre parole en autonomie par rapport aux mecs, cette manifestation est organisée entre féministes, femmes, filles, lesbiennes, gouines et/ou transgirls ; celles qui en ont marre de se faire mater comme un bout de viande ou d’être considérées comme des poupées gonflables, celles qui vivent dans la rue ou y travaillent, celles qui veulent embrasser leur copine dans le bus, celles à qui on dit qu’elles se sont trompées de chiottes, celles qui sont racisées et exotisées, celles qui en ont marre des mains au cul, celles qui veulent boire un coup sans se faire draguer… Cette manifestation est pour toutes celles qui reconnaissent des petits bouts de leurs vies dans ces violences et cette oppression.

Marre du contrôle de nos corps et de nos vies ! Marre de se prendre des claques dans la gueule (au propre comme au figuré) ! Marre d’être de la chair à viol ! Nous voulons que nos corps nous appartiennent enfin !
  • Parce qu’il n’est pas normal que nous ayons peur quand nous marchons seules la nuit.
  • Parce qu’on en a marre de ne croiser que des mecs dans la rue, les gares, les métros… après 23h
  • Parce que nos corps ne nous appartiennent toujours pas
  • Parce qu’on nous impose le modèle hétérosexuel et que toute autre sexualité est diabolisée ou invisibilisée
  • Parce que les canons de beauté qu’on nous impose (pubs, journaux, films, télé…) sont fixés par et pour les hommes.
  • Parce que les violences conjugales et intrafamiliales sont la première cause de mortalité et d’invalidité des femmes en Europe
  • Parce qu’une femme est violée toutes les 10 minutes ! Et parce qu’en face, la réponse des institutions (quand elles la croient !) n’est que demande de preuves et infantilisation.
  • Parce que ras-le-bol de l’obligation d’être polies, souriantes, douces et aimables.
  • Parce qu’être sans-papières, c’est travailler pour peu ou pas de rémunération et sans la protection du droit du travail.
  • Parce que la situation de semi-clandestinité dans laquelle sont placées les femmes sans-papiers, les empêche de porter plainte en cas d’abus ou d’agressions de peur de l’expulsion et les place à la merci de dominations patriarcale, capitaliste et raciste plus accrues.
  • Parce que parfois les seules sources lumineuses dans la rue sont des pubs de femmes à poil pour vendre du carrelage.
  • Parce que les lesbiennes sont victimes de lesbophobie (agressions physiques, verbales, viols, blagues, invectives, remarques…)
  • Parce que tous les trois jours une personne trans est assassinée dans le monde.
  • Parce que la transphobie n’est même pas reconnue par la loi française
  • Parce que les personnes bi vivent avec l’injonction permanente de choisir leur camp et que la biphobie n’est pas reconnue par les institutions
  • Parce que le caractère lesbophobe ou transphobe de certaines agressions est rarement reconnu ; et que le caractère sexiste des agressions sur les femmes trans est généralement nié
  • Parce que celles qui ont choisi de ne pas avoir d’enfants vivent avec l’injonction d’en avoir, et parce que celles qui en ont vivent avec l’injonction d’être des "bonnes mères" (douces, entièrement vouées à leurs enfants, devant renoncer à la vie nocturne…)
  • Parce qu’en condamnant le racolage passif, l’État accroît la répression à l’encontre des prostituées et les met encore plus en danger
  • Parce que dans notre société binaire (masculin/féminin) et patriarcale, les dominations masculine et hétérosexiste continuent d’exister même dans les milieux « ouverts d’esprit ».
  • Parce qu’on est censées être baisables mais pas baiseuses.
  • Parce qu’on en a marre d’entendre « alors, vous êtes seules les filles ? » alors que non, on est quatre, « connard ! »
  • Parce qu’on a beau avoir beaucoup d’humour, les remarques, invectives et blagues sexistes ne nous font toujours pas rire !

Ainsi pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, nous sommes dans la rue aujourd’hui et dans la lutte au quotidien. Nous ne souhaitons pas accéder aux privilèges des hommes mais abolir tous les privilèges et les systèmes de dominations qui les entretiennent ; nous voulons pouvoir nous définir par nous-mêmes et pour nous-mêmes.

Tant que nous ne serons pas considérées comme des individues à part entière, tant que nous serons des citoyennes de seconde zone, tant que nous n’aurons pas notre place dans la rue, tant que notre accès à l’espace public sera soumis à des conditions hétérosexistes, nous ne lâcherons pas l’affaire !

Nous continuerons à nous mobiliser, à investir l’espace, à exiger notre place et à combattre ce système patriarcal, capitaliste, raciste, classiste, binaire et hétéronormé.

ORGANISATION ! RESISTANCE FEMINISTE ! SOLIDARITE ! EMANCIPATION !

Marchons la nuit, pour ne plus jamais nous faire marcher dessus !

jeudi, mars 18 2010

APPEL À RASSEMBLEMENT VENDREDI 19 MARS 2010 à 9H30 DEVANT LE PALAIS DE JUSTICE AVENUE DU PEUPLE BELGE à LILLE EN SOUTIEN À M.S. HOMOSEXUEL SÉNÉGALAIS ARRÊTÉ A LILLE POUR LA SECONDE FOIS ET EN PROCÉDURE D'EXPULSION.

Nouveau copié/collé d'un communiqué des Flamands Roses


Nous, les Flamands Roses, venons d'apprendre la nouvelle arrestation de M.S, de nationalité sénégalaise, membre des Flamands Roses, ce mercredi 17 mars. Il a été arrêté alors qu'il faisait la queue devant un centre médical. Il vient d'être transféré au Centre de Rétention Administrative de Lesquin et est expulsable à tout moment.

M.S avait été précédemment arrêté le vendredi 5 mars 2010 en début d'après-midi dans le quartier de Wazemmes à Lille et avait été placé en garde à vue. Par la suite, il avait été relâché par la Juge des Libertés et de la Détention. Une mobilisation est urgente car M.S. risque à nouveau d'être expulsé.

Le harcèlement policier dont M.S est victime l'empêche de faire régulariser sa situation. Il a été arrêté pour situation irrégulière il y a 11 jours, et sa situation n'ayant pas évolué entre temps, il se retrouve à nouveau au Centre de Rétention Administrative. Nous demandons que la Préfecture clarifie sa position vis-à-vis de M.S : il doit pouvoir effectuer les démarches nécessaires à sa régularisation sans être continuellement inquiété par la police.

Nous, les Flamands Roses, exigeons la libération immmédiate de M.S.

Nous, les Flamands Roses, exigeons que la France accorde le droit d'asile à M.S.

Nous appelons toutes les personnes et toutes les organisations à se mobiliser en faveur de M.S.

RASSEMBLEMENT DEVANT LE PALAIS DE JUSTICE AVENUE DU PEUPLE BELGE à LILLE VENDREDI 19 MARS à 9H30.

Les Flamands Roses 03 20 52 28 68 lesflamandsroses@yahoo.fr 19 rue de condé 59000 Lille


Ci-dessous un modèle de lettre à envoyer ou à faxer à la Préfecture du Nord et au Minstère de l'Immigrataion et de l'Identité Nationale.

Les Flamands Roses 03 20 52 28 68 lesflamandsroses@yahoo.fr 19 rue de condé 59000 Lille

Modèle de lettre

Monsieur Le Préfet,

Nous venons d'apprendre l'arrestation à Lille de M.S, de nationalité sénégalaise, membre des Flamands Roses. Il a été arrêté ce mercredi 17 mars 2010 alors qu'il faisait la queue devant un centre médical pour recevoir des soins.

M.S. est arrivé en France en octobre 2009 car il a fui le Sénégal où il se trouvait en danger à cause de son homosexualité. Comme cela a été largement médiatisé en France et en Europe, le contexte social est très défavorable aux homosexuels au Sénégal : suite à la publication en février 2008 dans la presse sénégalaise d’un article accompagné de photos au sujet d’une fête lors de laquelle aurait été célébré un “mariage gay”, de nombreux représentants politiques ou religieux avaient exprimé publiquement leur hostilité contre les homosexuels. Ceci avait conduit la population à se livrer à une véritable chasse aux homosexuels dans le pays, laquelle dure encore aujourd’hui.

Lorsqu'il était encore au Sénégal, M.S. a été l’objet de menaces et de persécutions : il a reçu des lettres de menaces, son appartement a été saccagé, et le 3 octobre 2009 il a été violemment agressé par un groupe de personnes en raison de son homosexualité.

Arrivé en France en octobre 2009, il a formulé une demande d’asile qui lui a malheureusement été refusée. M.S. a déposé un recours en décembre dernier et attend la réponse de la CNDA. Suite à une première arrestation par la police, il lui a été notifié un APRF. Il a été libéré du Centre de Rétention Administrative par la Juge des Libertés et des Détentions. Cependant, l'APRF a été maintenu par le tribunal administratif de Lille. Suite à une nouvelle arrestation aujourd'hui mercredi 17 mars, il se trouve actuellement au Centre de Rétention Administrative de Lesquin. Nous sommes extrêmement inquietEs que M.S. puisse être expulsé, alors que sa demande d'asile est actuellement examinée.

Nous exigeons la libération immédiate de M.S. et exigeons que la France accorde le droit d'asile à M.S. : conformément à l’article 6 de la directive 2004/83/CE, le statut de réfugié, au titre de l’asile conventionnel ou de la protection subsidiaire, doit être accordé aux personnes LGBT ayant été ou risquant d’être persécutées par les pouvoirs publics de leur pays d’origine, ou par quelque autre acteur non étatique.

Recevez, Monsieur le Préfet, l'assurance de notre considération militante.

à envoyer et à faxer à :

Préfecture du Nord :

Préfet du Nord-Pas-de-Calais : Jean Michel BERARD Fax 03 20 30 52 52 prefecture.nord@nord.pref.gouv.fr

Directeur de cabinet du Préfet du Nord : marc.chappuis@nord.pref.gouv.fr

Directeur de cabinet du Préfet du Nord : marc.chappuis@nord.pref.gouv.fr

Directrice adjointe du Préfet du Nord : anne.gabrelle@nord.pref.gouv.fr Secrétariat du cabinet de la Préfecture du Nord : secretariat.dircab-lille@nord.pref.gouv.fr Secrétaire général de la Préfecture du Nord salvador.perez@nord.pref.gouv.fr

Ministère de l’immigration et de l'Identité Nationale :

Fax ministère : 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00

Secrétaire général du Ministère :

secretariat.general@iminidco.gouv.fr stephane.fratacci@iminidco.gouv.fr

fax : 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00

Ministre : eric.besson@iminidco.gouv.fr

"Les Flamands Roses" constituent un groupe d'expression gaie et lesbienne. http://www.lesflamandsroses.com Centre Lesbien, Gay, Bi et Trans de Lille "J'En Suis, J'Y Reste", 19 rue de Condé 59000 Lille (métro Porte d'Arras) tél.: 03.20.52.28.68. Ils animent "Homosapiens", l'émission qui pense homo, le dimanche de 21h à 22h sur le 106.6 FM et via Internet : http://www.campuslille.com.

mardi, mars 9 2010

M.S libéré lundi 8 mars

Pour faire suite aux deux billets précédents concernant la situation de notre camarade sénégalais menacé d'expulsion, voici un nouveau copié/collé du site des Flamands Roses, cette fois-ci pour une (relative) bonne nouvelle :

M.S. libéré lundi 8 mars 2010

Mis en ligne le lundi 8 mars 2010.

M.S. a été libéré ce lundi 8 mars 2010 par le Juge des Libertés et de la Détention. Sa situation n’est pas entièrement régularisée pour autant. Merci aux personnes qui ont manifesté leur soutien.

vendredi, mars 5 2010

URGENT : APPEL À SOUTIEN À M.S. HOMOSEXUEL SÉNÉGALAIS ARRÊTÉ A LILLE EN PROCÉDURE D'EXPULSION

Copier/coller rapide, parce que c'est urgent.


URGENT : APPEL À SOUTIEN À M.S. HOMOSEXUEL SÉNÉGALAIS ARRÊTÉ A LILLE EN PROCÉDURE D'EXPULSION

Nous, les Flamands Roses, venons d'apprendre l'arrestation de M.S, de nationalité sénégalaise, membre des Flamands Roses. Il a été arrêté ce vendredi 5 mars 2010 en début d'après-midi dans le quartier de Wazemmes à Lille et a été placé en garde à vue. Une mobilisation est urgente car M.S. risque d'être expulsé à tout moment : il sera présenté dans les prochaines heures devant le juge qui se prononcera sur son expulsion.

M.S. est arrivé en France en octobre 2009 car il a fui le Sénégal où il se trouvait en danger à cause de son homosexualité. Comme cela a été largement médiatisé en France et en Europe, le contexte social est très défavorable aux homosexuels au Sénégal : suite à la publication en février 2008 dans la presse sénégalaise d’un article accompagné de photos au sujet d’une fête lors de laquelle aurait été célébré un “mariage gay”, de nombreux représentants politiques ou religieux avaient exprimé publiquement leur hostilité contre les homosexuels. Ceci avait conduit la population à se livrer à une véritable chasse aux homosexuels dans le pays, laquelle dure encore aujourd’hui.

Lorsqu'il était encore au Sénégal, M.S. a été l’objet de menaces et de persécutions : il a reçu des lettres de menaces, son appartement a été saccagé, et le 3 octobre 2009 il a été violemment agressé par un groupe de personnes en raison de son homosexualité.

Arrivé en France en octobre 2009, il a formulé une demande d’asile qui lui a malheureusement été refusée. Suite à une première arrestation par la police, il lui a été notifié un APRF (arrêté préfectoral de reconduite à la frontière). Suite à une seconde arrestation aujourd'hui vendredi 5 mars, il se trouve actuellement en garde à vue et doit passer devant le juge qui se prononcera sur son expulsion.

Nous, les Flamands Roses, exigeons la libération immédiate de M.S. Nous, les Flamands Roses, exigeons que la France accorde le droit d'asile à M.S.

Nous appelons toutes les personnes et toutes les organisations à se mobiliser en faveur de M.S. Ci-dessous un modèle de lettre à envoyer ou à faxer à la Préfecture du Nord et au Ministère de l'Immigration et de l'Identité Nationale.

Les Flamands Roses 03 20 52 28 68 lesflamandsroses@yahoo.fr 19 rue de condé 59000 Lille

Modèle de lettre

Nous venons d'apprendre l'arrestation à Lille de M.S, de nationalité sénégalaise, membre des Flamands Roses. Il a été arrêté ce vendredi 5 mars 2010 en début d'après-midi dans le quartier de Wazemmes à Lille et a été placé en garde à vue. Une mobilisation est urgente car M.S. risque d'être expulsé à tout moment : il sera présenté dans les prochaines heures devant le juge qui se prononcera sur son expulsion.

M.S. est arrivé en France en octobre 2009 car il a fui le Sénégal où il se trouvait en danger à cause de son homosexualité. Comme cela a été largement médiatisé en France et en Europe, le contexte social est très défavorable aux homosexuels au Sénégal : suite à la publication en février 2008 dans la presse sénégalaise d’un article accompagné de photos au sujet d’une fête lors de laquelle aurait été célébré un “mariage gay”, de nombreux représentants politiques ou religieux avaient exprimé publiquement leur hostilité contre les homosexuels. Ceci avait conduit la population à se livrer à une véritable chasse aux homosexuels dans le pays, laquelle dure encore aujourd’hui.

Lorsqu'il était encore au Sénégal, M.S. a été l’objet de menaces et de persécutions : il a reçu des lettres de menaces, son appartement a été saccagé, et le 3 octobre 2009 il a été violemment agressé par un groupe de personnes en raison de son homosexualité.

Arrivé en France en octobre 2009, il a formulé une demande d’asile qui lui a malheureusement été refusée. Suite à une première arrestation par la police, il lui a été notifié un APRF (arrêté préfectoral de reconduite à la frontière). Suite à une seconde arrestation aujourd'hui vendredi 5 mars, il se trouve actuellement en garde à vue et doit passer devant le juge qui se prononcera sur son expulsion.

Nous exigeons la libération immédiate de M.S. et exigeons que la France accorde le droit d'asile à M.S. : conformément à l’article 6 de la directive 2004/83/CE, le statut de réfugié, au titre de l’asile conventionnel ou de la protection subsidiaire, doit être accordé aux personnes LGBT ayant été ou risquant d’être persécutées par les pouvoirs publics de leur pays d’origine, ou par quelque autre acteur non étatique.

Recevez, Monsieur le Préfet, l'assurance de notre considération militante.

à envoyer et à faxer à :

Préfecture du Nord :

Préfet du Nord-Pas-de-Calais : Jean Michel BERARD Fax 03 20 30 52 52 prefecture.nord@nord.pref.gouv.fr

Directeur de cabinet du Préfet du Nord : marc.chappuis@nord.pref.gouv.fr

Secrétaire général de la Préfecture du Nord salvador.perez@nord.pref.gouv.fr

Ministère de l’immigration et de l'Identité Nationale :

Fax ministère : 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00

Secrétaire général du Ministère :

secretariat.general@iminidco.gouv.fr stephane.fratacci@iminidco.gouv.fr

fax : 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00

Ministre : eric.besson@iminidco.gouv.fr

"Les Flamands Roses" constituent un groupe d'expression gaie et lesbienne. http://www.lesflamandsroses.com Centre Lesbien, Gay, Bi et Trans de Lille "J'En Suis, J'Y Reste", 19 rue de Condé 59000 Lille (métro Porte d'Arras) tél.: 03.20.52.28.68. Ils animent "Homosapiens", l'émission qui pense homo, le dimanche de 21h à 22h sur le 106.6 FM et via Internet : http://www.campuslille.com.

mardi, mars 2 2010

«La Femme» n'existe pas, reprenez votre journée, rendez-nous nos vies (manifestion 8 mars à Lille)

Pourquoi le 8 Mars ?

Nous en avions marre de voir le 8 mars célébré comme la journée de "La Femme", cette "Femme" n’existe pas. Nous avons décidé de manifester ce jour-là pour nous réapproprier cette journée, la re-politiser et porter nos revendications en dehors des soupes médiatique, institutionnelle et commerciale habituelles.

Quoi ?

Nos revendications et notre lutte dans le tract accompagnant l’article. Ce tract est le fruit d’une rédaction collective d’individuEs féministes et non le tract unitaire. Vous pouvez le télécharger, l’imprimer, le diffuser...

Qui sommes-nous ?

Des individuEs isoléEs ou organisÉes au sein de collectifs, groupes politiques, associations ou syndicats.

Pour qui ?

Pour toutes les personnes qui luttent contre ce système patriarcal, raciste, capitaliste, classiste, binaire et hétéronormé.

Où et quand ?

La manifestation aura lieu le lundi 8 mars. Rendez-vous est donné à partir de 18h Place de la République à Lille. Nous bougerons ensuite pour une petite ballade revendicative et bruyante dans les rues du centre-ville.

Manifestation à l’appel de (par ordre alphabétique) :

Chez Violette, Flamands Roses, GDALE-CGA, Idées à Coudre, Solidaires 59/62, Sud Education 59/62, Sud Etudiant-e Lille, UL CNT de Lille

Tract de la manifestation :

« LA FEMME » n’existe pas !

Nous sommes diverses, multiples et mouvantes.

Nous sommes femmes, lesbiennes, gouines, trans, féministes…

Nous sommes bisexuelles, hétérosexuelles, autosexuelles, asexuelles, homosexuelles…

Nous sommes précaires, pauvres, salariées, ouvrières, étudiantes, chômeuses, femmes au foyer, mères célibataires, organisées ou isolées…

Nous sommes noires, blanches, métisses, asiatiques, arabes, latinas, berbères…

Nous sommes grosses, maigres, fortes, minces, rondes, poilues, rasées, plates ou à gros seins…

Nous sommes jeunes, vieilles, avec handicap ou pas pour l’instant…

Reprenez votre journée, rendez-nous nos vies !

Aujourd’hui, c’est le 8 mars, la journée dite de « La Femme » ; demain, on sera le 9, et alors ? Rien n’aura changé. Nous ne voulons pas de vos fleurs alors que nous prenons des claques au quotidien. Nous ne sommes pas « La Femme » aimante, souriante et docile qui devrait être heureuse qu’on lui consacre une journée par an. Cette journée se référait au départ à des luttes de femmes pour leurs droits. Elle a été instrumentalisée pour nous enfermer, canaliser nos révoltes et porter nos revendications un seul jour dans l’année.

***

Marre de tout le travail gratuit qu’on fournit ! Marre de notre précarisation ! Pour l’égalité sociale et salariale !

  • Parce que le rôle maternel qui nous est imposé sert d’excuse pour nous éloigner de la vie sociale, politique et culturelle
  • Parce qu’on attend de nous qu’on console, qu’on cajole, qu’on panse les plaies des enfants, des amis, des parents, des partenaires et que ce travail n’est pas reconnu
  • Parce qu’on se fade toujours l’essentiel du travail domestique
  • Parce que même à travail égal, nous n’avons pas un salaire égal et que certains postes nous restent inaccessibles
  • Parce que le travail le plus précaire, c’est souvent pour notre poire surtout quand on n’est pas blanche (travail ingrat, travail invisible, contrats de merde, temps partiel imposé…)

Marre du contrôle de nos corps et de nos vies ! Marre de l’utilisation de nos corps pour vendre des chips ! Nous voulons que nos corps nous appartiennent enfin !

  • Parce que nos corps ne nous appartiennent toujours pas
  • Parce que le droit à l’avortement est constamment remis en cause et de plus en plus limité
  • Parce que ce sont toujours les médecins qui décident de ce qui nous convient le mieux (choix de la contraception, grossesse…)
  • Parce que le psychiatre reste une étape imposée lorsque des personnes trans veulent accéder à des traitements ou à un changement légal d’identité
  • Parce qu’on nous impose le modèle hétérosexuel et que toute autre sexualité est diabolisée
  • Parce que nous préférons vivre plutôt que d’attendre le prince charmant, et parce que des fois, nous préférons les princesses
  • Parce que les canons de beauté qu’on nous impose (pubs, journaux, films, télé…) sont fixés par et pour les hommes

Marre de se prendre des claques dans la gueule (au propre comme au figuré) ! Marre d’être de la chair à viol ! Pour l’autonomie et l’organisation de nos résistances !

  • Parce que les violences conjugales et intrafamiliales sont la première cause de mortalité des femmes en Europe
  • Parce qu’une femme est violée toutes les 10 minutes ! Et parce qu’en face, la réponse des institutions (quand elles la croient !) n’est que demande de preuves et infantilisation.
  • Parce qu’il n’est pas normal que nous ayons peur quand nous marchons seules la nuit
  • Parce que le caractère lesbophobe ou transphobe de certaines agressions est rarement reconnu
  • Parce qu’en condamnant le racolage passif, l’État accroît la répression contre les prostituées et les met encore plus en danger
  • Parce qu’en enfermant les personnes trans dans des prisons correspondant à leur sexe biologique et en leur refusant l’accès à leur traitement, l’État organise la violence contre elles (viols, agressions physiques, verbales…)
  • Parce que dans notre société binaire (masculin/féminin) et patriarcale, la domination masculine continue d’exister même dans les couples les plus sensibilisés à la question
  • Parce qu’on a beau avoir beaucoup d’humour, les remarques, invectives et blagues sexistes ne nous font toujours pas rire !

Ainsi pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, nous sommes dans la rue aujourd’hui et dans la lutte au quotidien. Nous ne souhaitons certainement pas être l’égal de l’homme ; nous voulons pouvoir nous définir par nous-mêmes et pour nous-mêmes. Tant que nous ne serons pas considérées comme des individues à part entière, tant que nous serons des citoyennes de seconde zone, tant que la seule journée pour nous sera le 8 mars, nous ne lâcherons pas l’affaire ! Nous continuerons à nous mobiliser, à investir l’espace, à exiger notre place et à combattre ce système patriarcal, capitaliste, raciste, classiste, binaire et hétéronormé.

Organisation ! Résistance Féministe ! Solidarité ! Émancipation !

Reprenez votre journée, rendez-nous nos vies !

lundi, février 15 2010

Élections régionales

Comme je m'emmerdais sec, je suis allée sur la page Wikipédia concernant les élections régionales 2010, et là dessus à partir du nom de chaque tête de liste (je crois qu'il y a pas encore toutes les régions, mais y'en a assez pour que ce soit chiant de compter) et du genre grammatical que lui attribuait Wikipédia, je les ai réparties en trois catégories : hommes, femmes, ou indéfinies. La troisième catégorie veut pas forcément dire que la personne se revendique genderqueer, juste que moi j'ai pas trouvé et que j'ai eu la flemme de mener plus amples investigations.

Et du coup on peut faire des statistiques de, ben, pas vraiment parité du coup, mais plutôt de trinité, qu'on peut additionner selon les partis, avec le jeu que par exemple quand Machin est tête de liste NPA-FG, est-ce qu'on le compte chez le NPA ou le FG ? Là, j'ai mis dans les deux, mais le principe est discutable, surtout qu'il y a des fois où je crois m'être gourrée.

Ah, et je me suis peut-être gourrée une fois ou deux ailleurs aussi, mais bon, globalement sur la masse (purée, je pensais pas qu'on avait autant de têtes de listes...) ça doit pas changer grand-chose, surtout que selon les statistiques 83% des statistiques sont fausses.

Bref, assez de blabla, des chiffres !

  • LO: 10 hommes (53%) et 9 femmes (47%)
  • NPA: 10 hommes (53%), 8 femmes (42%) et 1 indéfiniE (5%)
  • FN : 13 hommes (65%) et 7 femmes (35%)
  • UMP : 14 hommes (70%) et 6 femmes (30%)
  • Europe-Écologie : 14 hommes (74%) et 5 femmes (26%)
  • Modem : 14 hommes (74%) et 5 femmes (26%)
  • PS: 14 hommes (82%) et 3 femmes (18%)
  • FG: 15 hommes (83%) et 3 femmes (17%)
  • Autres listes : 37 hommes (90%) et 4 femmes (10%)

Total : 141 hommes (73%), 50 femmes (26%) et 1 indéfiniE (1%)

Après, à partir de là, on peut s'amuser à tirer d'autres chiffres :

  • Pourcentage de partis qui, par pur hasard, ont un peu plus de femmes que d'hommes têtes de listes : 0%
  • Pourcentage de partis qui, par pur hasard, ont «un peu» plus d'hommes que de femmes têtes de listes : 100%

Et puis pour être un peu provoc...

  • Nombre de candidates affichant un «symbole de soumission sexiste» en portant un foulard : 1
  • Nombre de candidats s'affichant en une sorte de «symbole de domination sexiste», puisque statistiquement dans un monde sans sexisme ce ne seraient pas eux qui seraient têtes de listes : 45

- page 1 de 4