Vernis & Sécateur

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samedi, janvier 28 2012

On ne peut pas faire confiance aux démons

Un peu de publicité pour soi-même ne faisant jamais de mal, j'en profite pour signaler qu'une nouvelle nouvelle[1] est disponible à la lecture sur mon site le site de Lizzie Crowdagger, RêveriesOn ne peut pas faire confiance aux démons. On y retrouve les personnages d'Alys et Lev, que vous avez peut-être déjà croisées si vous lisez ce blog régulièrement.

Bon, honnêtement, je ne trouve pas exactement que ce soit la meilleure nouvelle que j'ai jamais écrite, vu que notamment c'était censé être la scène d'ouverture pour un prochain roman, mais d'un autre côté c'est gratuit et vu que Megavideo a été fermé, il faut bien que vous vous occupiez, non ?

Notes

[1] Ouais, je trouve aussi que ça sonne mal comme formulation, «nouvelle nouvelle». Mais «nouveau texte court», ce n'est guère mieux.

mercredi, janvier 25 2012

Appel à documents sur l'irréversibilité du Traitement Hormonal de Substitution

Une camarade transsexuelle, Kelly Carjack, qui demandait son changement de prénom à l'État-civil (qui la reconnait toujours sous son prénom de naissance, Brandon) ainsi qu'une rectification de la mention du sexe s'est vue débouter de ses demandes par le tribunal de grande instance de Lille parce qu'elle n'avait pas subi d'opérations chirurgicales, et parce que le traitement homonal de substitution (estrogènes+anti-androgènes) ainsi que l'épilation au laser ne présentaient pas un caractère «irréversible».

Elle a fait appel de cette décision et recherche pour nourrir son dossier des documents (articles scientifiques, rapports d'autorités médicales, etc) démontrant les aspects irréversibles de ces traitements hormonaux.

Si vous avez connaissance de tels documents, ou de passages spécifiques dans des documents «faisant autorité», ce serait super chouette si vous pouviez les envoyer à l'adresse <cassidyke at reveries point info>, ou alors dans les commentaires de ce billet.

(Oui, je sais, il y a Google, mais entre les documents de 150 pages, les articles scientifiques pas toujours disponibles gratuitement, ce n'est pas toujours évident.)

mardi, janvier 24 2012

Pour m'excuser des blagues sur les vegans...

(Vegan Black Metal Chef - Episode 2 : Easy meal ideas of the ages)

Merci maman

Je crois qu'il y a un truc qui me soule un peu avec certains invididus dans le milieu trans (pas que, d'accord, mais pour le coup j'ai moins l'impression de retrouver ça chez les gouines[1] par exemple, à part chez les hippies vegan[2] qui bouffent que bio et qui sont en phase avec la nature, mais qui ne s'approchent en général pas trop de moi parce que l'odeur de ma clope les fait fuire), c'est le côté «straight-edge prosélyte».

Bon, OK, peut-être que «straight-edge prosélyte» ce n'est pas très clair, alors disons autrement : paternaliste de la santé.

Du genre :

  • «Ah, mais tu prends de l'androcur ? Mais il faut pas tu sais, c'est vraiment pas bon, en plus ça peut causer des dépressions.»
  • Ou encore «quoi t'es pas allée faire un bilan sanguin depuis 2 ans ? Mais il faut en faire tous les six mois, tu es une dangereuse suicidaire ou quoi ?» (ça doit être à cause de la dépression liée à l'androcur, tiens)
  • Et pour finir, celle à laquelle j'ai l'impression que j'ai le plus souvent droit depuis un an et quelques : «oh mon Dieu, mais tu fumes tout en prenant des hormones ?» (C'est juste parce que j'ai pas trouvé un moyen simple de fumer directement les hormones, cela dit)

Je veux dire, je veux bien que les gens prennent soin de leur santé, ça me va, mais ce n'est pas la peine de vous soucier de la mienne. Vraiment. Surtout quand on se connaît à peine et que peut-être que la seule chose qu'on a en commun dans la vie, c'est notre traitement hormonal.

Du coup, dans cet océan de reproches et de «manger bouger/fumer tue/buvez avec modération» ça m'a quand même fait super plaisir, aux dernières vacances de Noël, alors que j'étais en train de fumer une clope en compagnie de ma maman, et tandis que je sombrais moi-même dans la culpabilité «pauvre de moi, je n'ai pas un esprit sain dans un corps sain» en lui disant «il faudra que j'essaie d'arrêter de fumer, il paraît qu'avec les hormones c'est pas terrible», qu'elle me réponde spontanément : «bah, moi, tu sais, j'ai pris la pilule pendant vingt ans en fumant à côté, et je suis toujours en vie».

Post-Scriptum: bon, en fait je me rends compte que ce que je dis dans ma parenthèse, ce n'est pas vrai. Autant je suis dans des milieux où (à part quelques boulets), les gens ne me font généralement pas trop de commentaires sur ma santé par rapport à ce que je fais/bois/fume/mange, autant il y a plein de gens avec qui je ne parle jamais de trucs de santé qui, dès qu'ils me voient prendre un Coca Light, se sentent obligés de venir me dire que c'est pas bien le light et tout ça, comme si le fait de boire un truc Light était un message à la face du monde : «je veux prendre soin de ma santé et entendre votre avis dessus, vite, dites moi ce que vous pensez/avez lu de l'aspartame».

Notes

[1] Je parle des gouines, hein, pas des femmes qui aiment les femmes, où pour le coup j'ai pas l'impression que ce soit pareil.

[2] (Post-)Post-scriptum: ok, j'admets, ça n'a pas grand-chose à voir avec le fait d'être vegan, et d'ailleurs les gens qui vont me gonfler parce que eux/elles ont une alimentation saine et que je suis pas assez grande pour comprendre que dans «junk-food» il y a «junk» peuvent aussi être sur un mode «tu devrais tuer ton poulet toi-même et faire du fromage de chèvre plutôt que manger des toastinettes» (même si ce genre de remarque est plus rare en milieu urbain).

mardi, janvier 3 2012

Oh, mince

Je suis tombée là-dessus, via un certain réseau social : Ducon, euh, pardon, Dukan (vous savez, le gars qui vous vend ses régimes choc et qui partagera sans doute une cellule avec le fabriquant du Mediator dans quelques années quand on se sera rendu compte qu'en fait, c'est pas très bon pour la santé), qui écrit une lettre ouverte à Sarkozy, pour, en gros, lui suggérer notamment que les gros·se·s perdent des points au Bac parce qu'ils sont gros·se·s, histoire, dit-il, «de sensibiliser les ados à l'équilibre alimentaire».

Bon, déjà, même si l'époque du lycée ça commence à remonter, il y a deux objections que je peux formuler :

  1. les gros·se·s qui perdent des points au bac parce qu'ils et elles sont gros·se·s, ça existe déjà : ça s'appelle les cours de sport.
  1. il faut quand même être assez bisounours pour croire que donner des notes, mettre des points et des barèmes permet vraiment «de sensibiliser les gens» à quoi que ce soit.

Cela dit, pour les gens qui sont vraiment préoccupée par l'idée de faire maigrir les gros·se·s, moi j'ai une idée de régime que je trouve assez classe, là, comme ça : on me met toutes les semaines dans un espace clos, moi et juste un gars qui veut me faire maigrir, moi avec une batte, et je suis persuadée que je serai assez fortement motivée pour dépenser quelques-unes de ces calories superflues que j'ai tendance à emmagasiner.

lundi, janvier 2 2012

En vrac

Comme je n'ai pas trop le courage de faire des billets politiques en ce moment (crise de foi, peut-être), ni de raconter ma vie qui est franchement assez inintéressante, quelques news en vrac sur des projets passés, en cours ou à venir :

Écriture

Hell B☠tches : Bain de soleil

Cet été, j'avais écrit une nouvelle très courte qui se situait dans l'univers des Hell B☠tches (c'est-à-dire, des textes où les protagonistes sont des gouines motardes surnaturelles pas très portées sur le respect de la loi. Ça s'appelle Bain de soleil et vous pouvez le lire sur le site Rêveries. Pour situer le contexte, c'était à la base une nouvelle que je voulais envoyer à l'appel à textes «Vampire malgré lui», que je n'ai, comme la plupart des nouvelles que j'écris pour des appels à textes, jamais envoyée.

Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires)

Pour les personnes qui n'auraient pas suivi les épisodes précédents : Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires) est un roman/recueil[1] que j'ai sorti il y a quelques mois (sous le nom de Lizzie Crowdagger), et qui se situe aussi dans l'univers des Hell B☠tches citées précemment. Pour résumer brièvement, il y a des gouines, des motos, de la magie, des explosions, des flingues, des hormones, des vampires et des louves-garous. Ah, et des chatons, aussi.

Donc, quoi de nouveau ? Déjà, vous pouvez voir quelques images des principales protagonistes sur le site de Rose Butch, qui a réalisé les illustrations pour le livre. Il y a également quelques petits extraits pour certains personnages. Par ailleurs, Rose Butch a aussi fait les illustrations du recueil «S'lame de Fond» (recueil de slame féministe fait par des transpédégouines, dont j'avais déjà parlé), que vous pouvez également trouver sur son site.

Sinon, comme il fallait que je gagne de l'argent pour me payer mes cadeaux de Noël, il y a maintenant une version électronique d'Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires) que vous pouvez acheter pour le prix «modique» de 2€99 si vous avez un Kindle et que vous achetez sur Amazon. Je ne sais pas s'il y a des gens qui ont un Kindle et qui achètent sur Amazon qui me lisent, mais bon, voilà.

(Bon, en vrai ça me plaît assez moyennement comme solution, et je ne suis pas très fan du format (MOBI) utilisé par Amazon, mais pour l'instant je ne vois pas grand-chose d'autre comme solution pour faire des ventes électroniques. Après, à terme, je pense que je mettrai une version en PDF gratuite sur Internet, mais j'attends d'avoir fini de payer les traites de ma nouvelle Harley les frais d'impression.[2])

Informatique

Et sinon, ça n'a pas grand-chose à voir, et je n'ai rien à montrer pour l'instant[3], mais comme avec des copines on passait beaucoup de temps à jouer au tarot, ben j'ai commencé à écrire un petit jeu de tarot qui est pour l'instant assez merdique, soyons honnête, mais vala. Vala, c'est d'ailleurs le langage dans lequel il est écrit. Je connaissais pas avant, le Vala, et je trouve ça assez chouette, comme langage, d'ailleurs.

Sinon, ça s'appellera sûrement Tini 'Nux Tarot, ce qui est un peu con parce que c'est pas spécialement conçu pour Linux, mais j'avais envie que ça fasse «TNT» et je voyais pas d'autre truc intéressant qui commençait par un N.

Pour finir...

Et sinon, tout de même, parce que c'est de saison, je vous souhaite une bonne année 11111011100 (ben ouais, je suis très binaire, moi.)

Notes

[1] Pour être précise, il s'agit de trois histoires assez longues qui sont vaguement indépendantes mais ont quand même une continuité forte puisqu'on y retrouve les mêmes personnages. Dans ma tête je verrais assez ça comme une saison composée de trois épisodes, mais je crois pas qu'il y ait des mots équivalents pour les bouquins.

[2] Après, si vraiment vous n'avez pas de quoi payer les 12€ pour acheter le bouquin en version papier (ni pour vous payer un Kindle) et que vous avez quand même vraiment envie de lire ce magnifique livre, quitte à ce que ce soit au format PDF, vous pouvez m'envoyer un mail et il y a moyen de s'arranger. Enfin, si j'oublie pas de répondre à mes mails, évidemment.

[3] Pour les textes en cours d'écriture je peux mettre des extraits, mais je ne suis pas sûre que copier/coller une vingtaine de lignes de code ne soit vraiment pertinent.

mercredi, décembre 28 2011

Y'a pas que des soutifs que j'ai envie de brûler

Ce que j'aime bien, avec les fêtes de Noël, c'est aller faire les magasins, parce que je suis une sale consumériste aliénée. Ben ouais, j'assume. Et j'aime bien m'acheter des fringues. Sauf qu'en fait, pour ça, faut que je puisse, d'un point de vue technique, m'acheter des fringues. Ce qui ne marche pas quand les vendeurs de fringues sont des gros minces bâtards grossophobes, c'est-à-dire dans 95% des cas (surtout que, comme le deuxième truc que j'aime bien avec les fêtes de Noël, c'est la bouffe, bon, je vous fais pas un dessin).

Prenons les soutifs, par exemple. J'ai un scoop, pour les fabriquants de soutifs : le fait d'être grosse sans avoir de gros einss[1] ne veut pas dire que j'aime le beige ou le blanc. J'ai un certain standing, tout de même.

Par ailleurs, je crois qu'il y a une chose qui m'énerve plus que les saloperies de magasins à brûler qui ne vendent que des fringues qui s'arrêtent au 40, c'est les magasins qui affichent sur leur devanture un joli panneau «rayon grandes tailles», et qui ont effectivement plein de fringues en L, XL et tarpin-de-X-L, et pour qui un truc «XXXL», c'est, genre, du 42-44.

Non, mais sérieux, quoi. Ça fait vraiment «non seulement je ne vais pas m'abaisser à vendre des fringues pour toi, sale grosse, mais en plus je vais bien te faire comprendre que ton tour de taille est absolument inenvisageable y compris dans un rayon grande taille».

(Oui, je sais, vu la période ça aurait peut être été plus pertinent politiquement de faire un billet pour critiquer les fêtes de Noël, aspect capitaliste, valorisation de la famille, tout ça, mais comme le père Noël est gros je l'épargne pour cette année.)

Notes

[1] Voire d'être grosse tout court, mais j'ai l'impression que pour mon tour de poitrine, il y a un tout petit peu de choix un bonnet au-dessus.

dimanche, novembre 27 2011

Billet girly

Avec ma nouvelle Debian, je me sens belle comme un kernel <3

debian-lesbian.png

Oui, c'est un billet complétement inintéressant, mais ça faisait hyper longtemps que je n'avais pas installé de Debian, que je n'avais plus de Debian sur mon ordi (bon, une Ubuntu c'est quand même un peu une Debian, mais de loin), et je m'étais pas rendue compte à quel point ça me ferait du bien d'en remettre une. Je veux dire, j'ai rien contre Ubuntu, c'est plutôt pas mal, mais Debian j'imagine qu'il y a un aspect affectif et du coup je suis toute contente.

Après, j'imagine bien que vous vous en foutez, et ça a pas grand-chose à voir avec le reste de ce blog, mais au milieu de tous les trucs pourris, ben je me suis dit que pour une fois que quelque chose me fait dire que la vie est belle (quoique pas toujours tout à fait user-friendly), autant le partager.

jeudi, novembre 24 2011

Il va falloir trouver un terme plus fort que «LGTeuBé»

Le conseil d'administration de L'Egide a décidé à l'unanimité d'intégrer SOS PAPA Nord Picardie au sein de sa maison régionale.

Pour celles qui ne connaissent pas forcément, L'Egide se définit comme «Maison régionale des associations Lesbiennes Gays Bis Trans», à Lille.

Sos Papa, de son côté, c'est une association masculiniste.

Donc voilà, faut vraiment trouver un terme plus forte que «LGTeuBé», parce que là, ça ne suffit plus à décrire la situation.

Chiotte, même sur le site de Têtu, pourtant pas forcément une référence de conscience féministe chez les LGBT, on trouve des articles qui montre que SOS Papa, c'est pourri... (Il faut dire que, oh, quelle surprise, ils sont homophobes aussi...)

dimanche, novembre 20 2011

Journée du souvenir trans

Aujourd'hui, c'est le 20 novembre, journée du souvenir trans (Trans Day Of Remembrance en anglais), pour se rappeler de toutes les personnes trans assassinnées.

Pas le courage de faire un vrai billet cette année, alors juste une petite image :

tdor2011-small.png

Et, plus sérieusement, un morceau d'un texte que j'avais écrit il y a maintenant trois ans ; je l'écrirais peut-être un peu différemment maintenant, mais vu que maintenant tout de suite je suis un peu trop blasée pour écrire, c'est mieux que rien.


Les meurtres des personnes trans' ne sont pas des évènements isolés, mais sont révélateurs de l'omniprésence de la transphobie. Alors qu'une étude aux USA montre que les trans' ont 18 fois plus de chances que la moyenne de se faire assassiner, les peines obtenus pour les meurtriers sont souvent légères : ainsi le 14 août 2008, au Royaume-Uni, le meurtrier présumé de Kellie Telesford était acquitté après que la défense soit parvenue à jeter le discrédit sur la victime ; le 23 août, aux États-Unis, le meurtrier d'Alexis King obtenait des circonstances atténuantes ; un an plus tôt, dans le même état, le meurtre d'Erica Keel, heurtée à quatre reprises par la voiture de son assassin, était considéré comme un accident, tandis qu'au Portugal en 2006 les meurtriers de Gilberta Salce avaient été condamnées à des peines légères de 11 à 13 mois.

S'il ne s'agit que d'exemples, ces jugements affirment que les trans' n'ont pas les même droits que les autres être humains, qu'assassiner une personne parce qu'elle est trans' n'est pas un crime de haine mais une circonstance atténuante. La défense place le blâme sur les victimes, qui «se font passer pour ce qu'elles ne sont pas» et l'ont forcément un peu cherché. La majorité des médias va également dans ce sens, s'acharnant à utiser les prénoms et le genre assignés à la naissance pour parler des personnes trans', légitimant ainsi la défense des meurtriers.

Mais le vecteur principal de transphobie vient encore des états eux-mêmes, qui, en plus de ne pas reconnaître la transphobie comme une discrimination, rendent généralement extrêmement difficile le changement d'état-civil, requiérant, pour changer la mention du sexe, des opérations chirurgicales de «réassignation sexuelle»ou, comme en Belgique, la stérilisation. En plus de mettre des bâtons dans les roues des trans', ce refus de changer l'état-civil peut avoir des conséquences catastrophiques, en risquant de les «outer» dans un milieu transphobe ; un autre exemple dramatique où l'état est directement complice des violences transphobes est la situation dans les prisons, où les femmes trans' sont enfermées avec des hommes, en faisant des cibles privilégiées d'humiliations, de violences et de viols.

La médecine n'est pas en reste puisque, la transsexualité étant considérée comme une maladie mentale, l'accès pour les trans' aux hormones ou à la chirurgie dépend du bon vouloir des psychiatres et des médecins, tandis que les trans' subissent également des discriminations dans les accès aux soins.

Les trans' sont aussi des victimes particulières du capitalisme puisque, discriminé-e-s à l'embauche, ils et elles sont souvent dans des situations précaires. Un nombre important de femmes trans' doit ainsi recourir à la prostitution, ce qui les expose encore plus particulièrement aux risques de violence.

Même dans les espaces progressistes et de soutien, la transphobie est parfois présente : par exemple, si les femmes trans' subissent, autant que les autres femmes, le sexisme et la misogynie, les espaces réservés aux femmes (qu'il s'agisse d'espaces militants ou de centres d'accueil ou d'écoute pour des femmes ayant subi des violences) leur sont parfois fermés, les placant dans des situations de vulnérabilité accrue et les privant d'un soutien vital.

Pourtant, même les violences spécifiques aux trans' ne concernent pas qu'eux et elles : donner des circonstances atténuantes à un meurtrier parce que sa victime l'a «trompé» sur son «vrai sexe» ou parce qu'elle avait «une force d'homme» lui permettant de se défendre, c'est aussi légitimer les argumentations patriarcales rendant responsables les victimes de violences et de viols ; permettre à des psychiatres de donner ou pas leur feu vert en fonction de l'«adéquation» au genre désiré, c'est légitimer les normes de genre pour tout le monde ; exclure une trans' d'un espace non-mixte parce qu'elle a un pénis, c'est légitimer le fait de réduire les femmes à leurs organes génitaux ; refuser aux trans' l'accès à des traitements hormonaux ou chirurgicaux, ou au contraire leur en imposer pour obtenir un changement d'état-civil, c'est attaquer le droit de tou-te-s à disposer de son corps.

La haine des trans' ne nait pas de rien ; elle est le fruit du système patriarcal qui impose à tout le monde, en fonction d'un détail anatomique, un genre rigide qui doit déterminer toute notre vie : rose ou bleu, jupe ou pantalon, attirée par les hommes ou attiré par les femmes, opprimée ou privilégié. La lutte pour la libération des trans', comme celle des homosexuel-le-s ou des intersexes, n'est par conséquent pas dissociable du combat féministe et doit être pleinement prise en compte dans le combat pour un monde sans oppressions.

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